Valeurs Actuelles: « Gaz de schiste : l’atout enterré »

Les ressources sont là mais le gouvernement renonce à les exploiter. Un choix idéologique qui affaiblit la France.

Un trésor enfoui. Dans le Bassin parisien ou le sud-est de la France, des milliards de mètres cubes de gaz attendent d’être exploités. La France peut-elle s’en passer ? Pour François Hollande, il semblerait que oui. Le président l’a annoncé en ouverture de la conférence environnementale, le 14 septembre : il n’est pas question d’exploiter le gisement français. « Les arguments économiques existent. Mais dans l’état actuel de nos connaissances, personne ne peut affirmer que l’exploitation par fracturation hydraulique est exempte de risques lourds. »

La fracturation hydraulique (lire notre encadré), pourtant mise en oeuvre aux États-Unis, au Canada, en Argentine, en Australie mais aussi en Pologne ou en Ukraine, condamnerait toute exploitation du gaz de schiste. Ce n’est pas l’avis de Louis Gallois. L’ancien patron d’EADS – auteur, à la demande du gouvernement, d’un rapport à paraître sur la compétitivité – estime au contraire qu’il est « hors de question de faire l’impasse » sur cette nouvelle source d’hydrocarbures, qu’il tient pour « une des richesses phare de la France ». Sans convaincre Delphine Batho, ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, qui a évoqué un « désaccord net » avec Louis Gallois et affirmé : « Certains tenteront en permanence de remettre le sujet sur la table mais, d’un point de vue politique, le débat sur les gaz de schiste est clos. »

Le prix du gaz américain a été divisé par cinq en dix ans

Une volonté politique qui, sur ces questions scientifiques et techniques, n’est pas toujours pertinente (voir l’interview de Christian Bataille) et qui, surtout, risque de mettre la France à l’écart d’une révolution énergétique mondiale. Membre de l’Académie des technologies, Bernard Tardieu écrivait en 2011 : « Alors même que l’énergie nucléaire est fragilisée, notre pays peut-il renoncer à la recherche de ressources énergétiques sur son sol ? Notre avenir énergétique est précaire et la précaution voudrait que l’on analyse toutes les ressources potentielles. Le contraire serait inconséquent et imprudent. » D’autant plus inconséquent que l’on vit dans un monde ouvert et que l’exploitation du gaz de schiste est une réalité hors de nos frontières.

Son histoire commence à la fin des années 1990, quand George Mitchell, directeur d’une petite compagnie de production d’hydrocarbures, démontre, après plusieurs années de recherche et quelques millions de dollars investis, la faisabilité et la rentabilité du gaz de schiste. L’essor sera rapide. Après les petites compagnies, notamment la sienne, exploitant le gisement texan de Barnett, viennent les grands noms, en 2000 : Devon, Chesapeake, les champs immenses couvrant plusieurs États. Des milliers de puits sont alors forés.

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