Usine Nouvelle: La filière européenne photovoltaïque se déchire sur des questions d’emplois

Alors que la Commission européenne est en pleine enquête antidumping concernant l’importation de panneaux photovoltaïques chinois, les acteurs de la filière solaire européenne se déchirent sur les effets qu’auraient l’application de taxes douanières. Car si l’offre chinoise pousse l’amont à débaucher, l’aval bénéficie à plein de ses tarifs compétitifs.

Entre les fabricants européens de panneaux photovoltaïques et le reste de la filière, rien ne va plus. L’objet de la discorde ? D’éventuelles taxes douanières sur les panneaux chinois. La semaine dernière, l’Alliance pour une énergie solaire accessible (Afase) qui rassemble 160 acteurs de l’amont de la filière (fournisseurs de matières premières, équipementiers), de l’aval (développeurs de projets, bureau d’études, prestataires logistiques, entreprise de construction, installateurs…) et des filiales européennes de fabricants chinois de panneaux a frappé sur un terrain sensible : celui de l’emploi.

S’appuyant sur l’étude de l’institut économique suisse Prognos publiée le 18 février, l’Afase estime que l’installation de taxes douanières sur les produits chinois, provoquerait une réduction de la demande mettant en péril près de 200 000 emplois dans la filière en Europe. En France, en cas d’un taux de douane de 20%, 5900 emplois seraient ainsi perdus la première année et 16 900 la troisième année.

La réplique des fabricants de panneaux européens ne s’est pas faite attendre. « C’est assez cynique de se servir de l’argument du marché de l’emploi justement le jour où deux nouveaux fabricants européens de produits solaires ont dû déposer le bilan. Les pratiques de dumping de la Chine mettent à mal l’ensemble de l’industrie solaire et ont déjà coûté des milliers d’emplois en Europe et causé plus de trente faillites d’entreprises et fermetures d’usines », a déclaré le 25 février Milan Nitzschke, le vice-président de l’allemand SolarWorld et président d’EU ProSun, un groupement d’une vingtaine de fabricants de cellules et de modules photovoltaïques.

25 MILLIARDS D’EUROS DE SUBVENTIONS ILLÉGALES DE PÉKIN

Pour comprendre cette division au sein de la filière, il faut remonter en juillet 2012. EU ProSun porte plainte auprès de Bruxelles pour concurrence déloyale des fabricants chinois. Ils sont entendus. Le 6 septembre, la Commission européenne lance une enquête antidumping concernant les importations de panneaux photovoltaïques chinois et de leurs principaux composants (piles et wafers) et une seconde en novembre portant sur les subventions à l’exportation de ces mêmes produits.

Selon EuProSun, les fabricants chinois de panneaux photovoltaïques bénéficieraient de 25 milliards d’euros de subventions illégales de Pékin, leur permettant de vendre leurs produits en dessous des coûts de production. Ils réclament l’instauration des taxes douanières sur les panneaux chinois, comme a décidé de le faire le département du Commerce américain en mars 2012. Depuis, ils ont été rejoint par des fabricants européens de verre solaire, réunis au sein d’EU ProSun Glass. Début février 2013, ces derniers ont à leur tour déposé une plainte antidumping visant les verres solaires chinois auprès de la Commission européenne.

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