Usine Nouvelle: Gaz de schiste : la France ne connaît pas son sous-sol

A l’occasion d’un débat organisé par l’Académie des sciences, des scientifiques ont regretté que le sous-sol français soit si méconnu et que le débat ne fasse pas appel à la géologie, aux sciences sociétales et à l’écologie scientifique.

L’Académie des sciences aurait-elle l’ambition de palier les manquements des gouvernements français ? On peut le croire après la conférence sur le gaz de schiste, organisée le mardi 26 février. Elle fait suite au rapport sur « la recherche scientifique face aux défis de l’énergie » publié par l’Académie le 14 janvier dernier. Dans celui-ci, au sujet des gaz non conventionnels, « l’Académie déplore que des décisions aient été prises hâtivement sans ouvrir le dossier ». Aussi, elle a organisé une après-midi de débats réunissant des géologues, l’industriel Total et des scientifiques anglais et américains. Deux pays qui ont choisi d’autoriser l’exploitation des gaz de schiste.

LA MÉCONNAISSANCE DES RESSOURCES MINIÈRES FRANÇAISES

Des experts tricolores s’insurgent contre la méconnaissance complète des ressources minières françaises. “Pour un pays développé comme le nôtre, nous avons une connaissance extrêmement faible de notre sous-sol !”, lance Nicolas Arnaud, hydrogéologue à l’université de Montpellier. Il explique alors qu’en raison des incertitudes sur notre géologie, les estimations de réserves françaises de gaz non-conventionnels dans le sud-est de la France peuvent varier de 1 à 1000.

« On ne connait pas les ressources réelles. Les chiffres qui circulent ne correspondent à rien ! », s’exclame même Bruno Courmes, en charge de la question des gaz de schiste en Europe chez Total. Les chiffres, auxquels il fait allusion, sont ceux du Département de l’énergie américain. Ils estiment les réserves françaises à 5,3 Tm3, un chiffre équivalent à deux ans de consommation mondiale ! Vincent Coutillot, professeur de géophysique à l’université Paris-Diderot et membre de l’Académie, ajoute :« Nous avons un étonnant retard dans l’observation de nos ressources, et pas seulement dans le gaz de schiste ».

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