Usine nouvelle: EADS, toujours orphelin d’une stratégie dans la défense

Après l’échec de la fusion avec le groupe britannique BAE, la maison-mère d’Airbus cherche toujours le bon équilibre entre ses activités d’aéronautique civile et de défense. Elle a engagé une refonte en profondeur de Cassidian, sa branche défense, afin de s’adapter à la baisse des budgets militaires en Europe.

Quelle stratégie dans la défense pour EADS ? C’est la principale interrogation soumise à Tom Enders, son président exécutif, depuis l’échec de sa fusion avec le britannique BAE.

Aujourd’hui, il réalise 12 milliards d’euros de chiffre d’affaires dans ce domaine (en incluant les ventes d’avions militaires d’Airbus Military), soit moins d’un quart de l’activité globale du groupe, qui s’est établie à 56,5 milliards d’euros, en hausse de 15 % pour 2012.

Le rêve d’un groupe quasiment équilibré entre les activités de défense et civiles semble définitivement abandonné après l’échec de la fusion avec le britannique BAE. Au contraire, le seul poids d’Airbus dans les comptes du groupe est plus important que jamais. L’avionneur contribue pour 50 % de la rentabilité d’EADS, 68 % de son chiffre d’affaires, 90 % de son carnet de commandes. Le constructeur surfe en effet sur la croissance du transport aérien : il compte livrer un nombre record d’appareils l’an prochain, entre 600 et 610 avions commerciaux et son carnet de commandes correspond à sept années de production.

« EADS RESTERA UN ACTEUR MAJEUR DANS LE SECTEUR DE LA DÉFENSE »

Alors Tom Enders, fervent défenseur de la fusion avec BAE, s’est fait une raison, surtout que sa branche défense doit composer avec les baisses de budgets des états européens. « Par les temps qui courent, ce n’est pas une mauvaise chose que d’avoir une activité de défense plutôt petite que grande », a-t-il consenti. Toutefois, loin de lui l’idée d’abandonner cette activité. « Je veux être clair. Le groupe restera un acteur majeur dans le secteur de la défense. Nous sommes n°1 ou 2 en Europe sur ce segment », a rappelé le dirigeant.

Sa principale branche dans le domaine, Cassidian, est en souffrance. Si le chiffre d’affaires s’est maintenu en 2012 à 5,7 milliards d’euros, la profité s’est écroulé de 50 % à 142 millions (EBIT). Une performance qui fait tache face à celle d’Airbus (+111 %), d’Eurocopter (+20 %), d’Astrium (+17%). Pour s’adapter aux baisses des commandes, la filiale n’a pas eu d’autres choix que d’engager une restructuration lourde.  Elle a changé de patron en septembre dernier et lancé en décembre un plan de départ concernant 850 salariés.

En ce moment, elle redéfinit son périmètre d’activités, aussi en termes de portefeuille produits que de zones géographiques. Est-ce-à dire que le groupe réviserait à la baisse ses ambitions dans le secteur de la défense et perdre son rang d’équipementier généraliste ? En tout cas, il va faire le tri parmi toutes ses activités qui vont de la fabrication des avions militaires, la conception d’ensemble et de sous systèmes de défense, les solutions de guerre électronique, les radars… D’ici là, EADS aura une stratégie opportuniste. « On cherchera où est la valeur », confirme son directeur de la stratégie Marwan Lahoud.

Lire la suite de cet article ICI

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *