Revue de Presse du 19 mars 2013: La France en difficulté dans l’exportation d’armement, un recadrage fiscal, plus de rançons pour les preneurs d’otages

La Tribune: Armement : pourquoi la France a du mal à exporter

En 2012, selon les premières estimations de la direction générale de l’armement (DGA), les prises de commandes des groupes de défense français ont atteint 5 milliards d’euros, en nette baisse par rapport à l’année précédente (6,5 milliards d’euros en 2011).

L’année 2012 est une année à oublier dans le domaine des exportations d’armements. En 2012, selon les premières estimations de la direction générale de l’armement (DGA), les prises de commandes des groupes de défense français ont atteint 5 milliards d’euros, en nette baisse par rapport à l’année précédente (6,5 milliards d’euros en 2011) mais stable par rapport à 2010 (5,12 milliards). « On tangentera les 5 milliards d’euros », a annoncé ce mercredi lors d’une conférence de presse le Délégué général de l’armement, Laurent Collet-Billon. Il explique ces mauvais millésime par une très vive concurrence sur tous les marchés. Les chiffres définitifs doivent être annoncés en millieu d’année par le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

« On ne peut pas dire que soit un chiffre significativement bon, on espérait un petit peu plus », a reconnu Laurent Collet-Billon, « d’où la nécessité absolue pour nous d’être encore plus fort au plan technologique et au plan économique » pour regagner un avantage concurrentiel. « En 2013, il est indispensable de poursuivre notre effort sur l’expertise technologique, pour maintenir au meilleur standard les capacités des forces armées et préserver la compétitivité de notre industrie », a-t-il insisté. Dans ce cadre, la DGA a augmenté en 2012 le montant des études en amont, pour préparer l’avenir des systèmes d’armement, à 706 millions d’euros contre 695 millions en 2011. En raison de la baisse des budgets, elle a en revanche réduit ses commandes de programmes aux industriels, de 7,9 milliards en 2011 à 6,3 milliards l’année dernière.

« Une concurrence extrêmement forte »

Pourquoi la France a-t-elle raté ses objectifs en matière d’exportation d’armes ? Plusieurs raisons à ces mauvais chiffres. Laurent Collet-Billon a expliqué la baisse des exportations par « une concurrence extrêmement forte » sur le marché des armements. Elle est due à la fois au « retour des Américains, extrêmement offensifs du fait de la diminution des commandes de production » du département de la Défense. En octobre dernier, il avait précisé devant les parlementaires que « les Américains, qui préparent avec beaucoup d’activisme le repli de leur budget de la défense, sont présents sur tous les marchés, notamment en Asie ». Il a également jugé ce mercredi que « l’émergence de pays qui accèdent à un niveau technologique les rend concurrentiels ». Il a cité pour exemple Israël, « bientôt l’Italie dans le domaine naval », et la Corée du Sud. D’après le quotidien israélien « Haaretz », citant les estimations du ministère de la Défense, les exportations de matériel militaire israélien ont grimpé de 20 % en 2012 pour atteindre 7 milliards de dollars (5,2 milliards d’euros). Pour la première fois, Israël pourrait devancer devant la France si ces chiffres se confirment. En outre, explique un très bon observateur des ventes d’armes à « La Tribune », « Il n’y a pas eu beaucoup de contrats au-dessus de 200 millions d’euros en 2012 ».

Mais surtout, la France a échoué à vendre le Rafale, dont un contrat peut complètement changer en valeur les exportations française, contrairement aux espérances des industriels et de l’Etat. Ensuite, comme le précisait déjà Laurent Collet-Billon en octobre, « le marché se rétrécit ». Enfin, la campagne pour l’élection du président de la République a gelé pendant au moins quatre mois les négociations en cours, les clients attendant le verdict des urnes et, ensuite, la mise en place de l’équipe entrante. Enfin, dernier point, les mauvais signaux du nouveau pouvoir politique assurant ne pas vouloir jouer les VRP des ventes d’armes. Ces signaux ont semble-t-il troublé, selon des observateurs de l’armement, la lisibilité et la visibilité de l’action française en la matière. Ce qui n’a donc pas arrangé les affaires des industriels, qui se battent pour arracher des contrats à l’exportation, nécessaires à leur modèle économique et aux emplois en France.

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La Tribune: Armement : la France compte pour du beurre pour la Pologne

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, doit rencontrer son homologue polonais à Varsovie en vue de relancer la coopération entre les deux pays dans le domaine de la défense. Depuis des années, la Pologne ignore les industriels français. Et Varsovie pourrait lancer une procédure de gré à gré portant sur l’achat de deux sous-marins allemands U-214… sans tenir compte de l’offre française.

En Pologne, la France fait un « bide » en matière de ventes d’armes… Et ce n’est pas nouveau. Entre 2006 et 2010, Varsovie a royalement acheté pour 45,2 millions d’euros d’équipements militaires à la France, selon le rapport au Parlement sur les exportations d’armement de la France en 2010. C’est ce que tente de changer le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, qui se démène notamment pour relancer des coopérations européennes en général, avec Varsovie en particulier. En juillet dernier, il a rencontré dans la capitale polonaise son homologue, Tomasz Siemoniak, et le président de la République polonaise, Bronisław Komorowski. Un déplacement qui a été l’occasion pour les deux ministres de la Défense de s’entretenir sur la question de la relance de l’Europe de la défense dans un contexte budgétaire restreint et de besoins en termes de capacités militaires. Le tout dans le cadre du Triangle de Weimar (Paris-Berlin-Varsovie). Jean-Yves Le Drian y retourne de nouveau vendredi et verra Tomasz Siemoniak.

Le triangle de Weimar n’est pas équilatéral

Mais les dés polonais sembleraient être pipés pour la France, selon nos informations. Et très clairement, le triangle de Weimar serait beaucoup plus isocèle qu’équilatéral, Varsovie privilégiant Berlin aux dépens de Paris. Ainsi, après avoir lancé il y a deux ans environ une demande d’information (RFI) portant sur l’achat de deux sous-marins, Varsovie s’apprêterait finalement à réaliser très rapidement une procédure de gré à gré avec l’Allemagne pour l’acquisition de deux sous-marins U-214 du chantier naval allemand HDW. Une procédure d’ailleurs contraire à la nouvelle réglementation européenne, qui limite les procédures d’achats d’armement en gré à gré entre des pays européens.

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Les Echos: DCNS irrite Tokyo en renforçant les capacités de la marine chinoise

Alors que les tensions restent fortes entre la Chine et le Japon, Tokyo reproche à DCNS d’avoir vendu des équipements sensibles à Pékin.

Après avoir découvert, fin 2012, que DCNS (la Direction des Constructions Navales Systèmes) avait vendu des équipements aux garde-côtes chinois, le gouvernement japonais a interpellé les autorités françaises et fait publiquement, hier, part de son « inquiétude » à l’encontre de ces livraisons qui interviennent alors que Pékin revendique de plus en plus bruyamment des îlots de la mer de Chine orientale contrôlés par Tokyo.

Le contrat contesté a été annoncé en octobre dernier. DCNS avait alors dévoilé qu’elle allait vendre 2 nouvelles grilles d’appontage pour hélicoptères à la China Marine Surveillance (CMS), une organisation paramilitaire chargée de surveiller l’application de la loi dans les eaux chinoises et de conduire des études environnementales.

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Le Monde: L’Amérique rattrape son retard, pas la France

Alors que les nuages s’accumulent au-dessus des usines françaises – l’activité a encore reculé en février dans le secteur manufacturier, selon l’enquête PMI Markit, et les nouvelles commandes ont accusé leur vingtième mois de baisse d’affilée – , un point aurait dû particulièrement attirer notre attention, à nous autres victimes de la désindustrialisation.

Lors de son discours sur l’état de l’Union, le 12 février, le président américain,Barack Obama, a réaffirmé sa volonté de faire des Etats-Unis un pôle d’attraction majeur de l’emploi industriel…

Les Américains tentent en effet de bénéficier d’une inflexion économique majeure au sein de la séquence ouverte par l’entrée de la Chine dans l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en novembre 2001. Il y a désormais, à l’échelle mondiale, une fenêtre d’opportunité unique ouverte par la montée des salaires et des coûts de production dans les pays émergents, accentuée par la hausse des coûts de transport.

titre d’illustration, les salaires horaires dans le delta du Yangzi, la zone la plus productive de Chine, vont passer de 0,72 dollar en 2000 à 6,31 dollars en 2015, du fait d’une inflation qui peut atteindre 15 % à 20 % par an.

En considérant que la productivité d’un salarié américain moyen est environ trois fois supérieure à celle d’un ouvrier chinois du delta, l’écart de salaire entre les deux ne sera plus que de 40 % en 2015. Sachant que, dans les biens de consommation, le coût du travail ne représente environ qu’un quart du coût total du produit, l’avantage en faveur de la Chine s’établirait à moins de 10 %.

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Les Echos: Vive les robots

Quand ils pensent aux robots, les Français associent instinctivement plus ces machines intelligentes à Robocop ou à Terminator qu’à R2D2. Isaac Asimov, expert en robotologie, a beau avoir énoncé les règles de base de la robotique (un robot ne peut porter atteinte à un être humain, un robot doit obéir aux ordres des êtres humains sauf si de tels ordres sont en contradiction avec la première loi…), dans l’esprit tricolore, le robot est plus l’ennemi que l’allié. Cet état de fait est regrettable car, à force d’idéaliser les révoltes luddistes, qui, au début de la révolution industrielle, détruisirent des machines à tisser pour préserver l’emploi des tricoteurs, la France se tire une balle dans le pied.

Perçus comme des substituts à l’ouvrier utilisés par des patrons avides de profits, les robots sont en fait des armes pour lutter contre les délocalisations. L’Allemagne, qui compte quatre fois plus de robots industriels que la France, a prouvé que la mécanisation permettait d’agir à la fois sur les coûts et sur la qualité, contribuant ainsi à renforcer la productivité. Tièdes face à la robotisation, les industriels français ont accumulé du retard et laissé cet écart se creuser. Nos robots sont à la fois trop vieux et pas assez nombreux, à l’heure où le reste de la planète s’équipe.

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La Tribune: Arianespace : et de sept contrats de lancement de satellites GTO !

Depuis le début de l’année, Arianespace a engrangé trois nouveaux contrats qui prévoient le lancement de sept satellites GTO. La société de commercialisation des lanceurs européens (Ariane 5, Soyuz et Vega) a aussi gagné une commande pour un satellite d’observation vietnamien, qui sera lancé par Vega.

Et de sept ! Arianespace a engrangé depuis le début de l’année des commandes pour le lancement de sept satellites GTO. Ainsi, l’opérateur international de satellites Intelsat a annoncé ce lundi avoir choisi Arianespace pour le lancement de trois satellites d’ici à 2017. D’une masse de plus de 6 tonnes au décollage, les satellites seront placés sur l’orbite de transfert géostationnaire par des Ariane 5 ECA, depuis le Centre Spatial Guyanais, le port spatial de l’Europe, à Kourou. En outre, Arianespace a également gagné cette année le lancement du satellite d’observation vietnamien VNREDSat-1A, qui sera mis sur orbite par le petit lanceur italien Vega. En 2012, l’année avait été également remarquable avec le gain de 10 des 17 satellites mis en compétition, ce qui représente une part de marché de 60 %.

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Challenges: La magistrale leçon de fiscalité de l’OCDE à la France

Comment redresser nos finances publiques et relancer la croissance? Pierre Moscovici a reçu mardi 19 mars au matin, des mains d’Angel Gurria, secrétaire général de l’OCDE, le diagnostic annuel de l’organisation internationale sur la France. Si le ministre de l’Economie peut se réjouir des quelques satisfecits accordés par l’OCDE à la France, le rapport contient également des critiques acerbes de l’action du gouvernement, notamment sur le plan fiscal, et un appel à passer la vitesse supérieure en matière de réformes.

Coté bonnes nouvelles, l’OCDE se range du coté de Paris dans ses négociations budgétaires avec Bruxelles. Contrairement aux faucons de la Commission qui veulent que la France affiche un déficit public « nettement en-dessous des 3% » en 2014, l’organisation soutient Pierre Moscovici : « Avec une croissance plus faible que celle prévue par le gouvernement et des conditions favorables de financement de la dette, il convient de laisser les stabilisateurs automatiques jouer à plein au prix de déficits publics plus élevés qu’envisagés ; ils s’établiraient alors à 3.5 % du PIB en 2013 et à 3.0 % en 2014. » Et l’OCDE de tacler Bruxelles en mettant en garde contre un excès de rigueur qui pourrait pénaliser la croissance.

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Le Monde: Otages : la France ne veut plus payer

L’exception française en matière de gestion de prise d’otages à l’étranger a vécu. Le chef de l’Etat, François Hollande, a fait savoir, directement et indirectement, depuis la mi-janvier, à l’ensemble des familles de citoyens français actuellement détenus dans le monde que la doctrine avait changé. La France ne paiera plus.

Depuis vingt-cinq ans, soit depuis les enlèvements au Liban, la politique française consistait à refuser officiellement toute négociation avec les ravisseurs. Dans les faits, des rançons ont été régulièrement versées.

Désormais, non seulement l’Etat refusera toute transaction financière, mais il s’opposera « à toute forme de versement », selon les termes d’un conseillerministériel, ce qui vise également les sommes que les familles, les entreprises ou les compagnies d’assurance pourraient être conduites à remettre par leurs propres moyens aux preneurs d’otages.

Cette consigne a été transmise à l’ensemble des services de l’Etat concernés, du ministère des affaires étrangères à la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Si François Hollande, dès son élection, en mai 2012, à la présidence de la République, avait indiqué à son entourage qu’il était favorable à ce changement, il est indéniable que l’opération militaire au Mali, lancée le 11 janvier, a créé les conditions permettant d’assumer ce discours.

« C’était le 13 janvier, un dimanche de neige, M. Hollande nous a réunis à l’Elysée », se souvient Françoise Larribe, dont l’époux figure parmi les quatre otages français enlevés, le 16 septembre 2010, par Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) sur un site d’extraction d’uranium au Niger, avant d’être déplacés au nord du Mali. Elle-même a été détenue cinq mois avant de retrouver la liberté.

« CHANGEMENT DE TON RADICAL »

« Il nous a dit, poursuit-elle, qu’il était impensable que l’on donne de l’argent à des organisations contre lesquelles nous sommes en guerre. Le changement de ton a été radical entre la précédente rencontre, en septembre, et celle-ci. La discussion a été tendue. Les rançons sont une goutte d’eau dans le financement du terrorisme par rapport à la drogue dans cette région. Ma famille et moi considérons qu’il se fourvoie dans sa gestion des otages, je suis dégoûtée. »

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Le bréviaire des patriotes: Histoire: Bonaparte, vainqueur de Rousseau et des Bourbons

Lorsqu’on songe qu’en 1789 il ne s’agissait de rien moins que de donner enfin satisfaction à la longue suite des vœux populaires qui depuis près de huit siècles demandaient, de plus en plus instamment, l’égalité politique à la centralisation du pouvoir, on commence par s’étonner que l’opinion publique, pendant la seconde moitié du XVIII siècle, soit si loin d’appartenir tout entière aux préoccupations politiques. Ce serait en effet une grande erreur de prendre pour de la politique toute la métaphysique humanitaire des philosophes du XVIIIe siècle, quoique cette métaphysique ait en réalité, en fait, gouverné chez nous tous les pouvoirs publics depuis 1789 jusqu’au Consulat.

Le caractère de la politique est de se modifier et de progresser suivant les circonstances, de tenir compte, avant tout, des lieux et des temps, tandis que c’est le propre de la métaphysique de ne tenir compte ni des temps ni des lieux, de prendre l’idéal d’une époque et d’un pays pour la loi de l’espèce, et de se donner pour absolue. Faisait-on de la politique à l’Assemblée constituante ? Faisait-on et allait-on faire autre chose que de la métaphysique, quand cette Assemblée préluda aux réformes qu’elle avait à accomplir par la déclaration si connue des droits de l’Homme ? La politique se fût tout simplement occupée des droits des Français au XVIIIe siècle. Elle n’eût pensé qu’à constater afin de les organiser les aptitudes modernes à l’égalité politique que la France devait à sa préoccupation séculaire de l’autorité centrale.

Quand on voit chez une nation, où depuis près de huit cents ans l’autorité se forme et grandit par et pour la centralisation, les diverses constitutions républicaines, jusqu’au Consulat, s’obstiner cependant à demander les conditions de l’administration du pays, la justice, tout enfin, uniquement à l’initiative électorale de circonscriptions politiques nouvellement établies, c’est-à-dire, à une nouvelle sorte d’esprit de localité, et quand, dans ce système inopinément et si brusquement créé d’une décentralisation en négation de tous les précédents de la patrie, l’autorité centrale, lorsqu’elle est représentée, l’est à peine par quelques envoyés dont le droit se réduit au droit de donner des conseils, les divers auteurs de ces diverses constitutions ne sont-ils pas purement et simplement des métaphysiciens ? En quoi tiennent-ils compte du temps et du lieu ? En quoi cherchent-ils à se faire une force du caractère national et des progrès de notre passé ? Leur espérance, leur foi, est toute entière dans cette doctrine absolue et humanitaire, prêchée dans tous les écrits de l’époque, suivant laquelle la nature tiendrait toujours et partout le citoyen parfait à la disposition de l’homme d‘Etat philosophe qui a besoin de créer une grande nation.

Malheureusement il y a certaines époques où l’inintelligence trop longtemps prolongée des gouvernants finit par créer dans le peuple une telle impatience des droits justement acquis et méconnus, que tous les auxiliaires qui lui viennent en aide, jusqu’aux plus insensés, en arrivent à trouver la popularité et la puissance dans l’impopularité même du pouvoir. Car les doctrines humanitaires de la philosophie du XVIIIème siècle n’ont assurément point trouvé en elles-mêmes la cause et l’origine de leur toute-puissance dans le dernier quart de ce siècle.

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