Rapport parlementaire de Thierry Mariani sur la politique française et européenne vis-à-vis de la Russie

Thierry Mariani, chef de file de la Droite populaire, et Chantal Guittet (PS) viennent de publier un rapport parlementaire sur la politique française et européenne vis-à-vis de la Russie.

La Russie, une puissance stable malgré les interrogations qu’elle suscite, ne doit pas être ignorée par la France et l’Union européenne, tant les partenariats stratégiques possibles sont nombreux. Ensemble, l’Europe géographique peut reprendre la première place dans notre monde multipolaire !

En effet, la Russie a fait preuve d’une réelle capacité à surmonter ses difficultés et à retrouver assez rapidement la croissance. Après une période de libéralisation de l’économie et de privatisations conclue par une crise financière sans précédent en 1998, la fédération de Russie a retrouvé le chemin de la croissance dans les années 2000 avec le  président Vladimir Poutine. Le régime politique russe actuel n’est certes pas irréprochable mais semble, pour le moment, garder l’appui de la majorité de la population. Sa diplomatie est marquée par la volonté de retrouver le statut international perdu, qui implique notamment de disposer d’une sphère d’influence, mais est également pragmatique et sait profiter habilement des atouts et des faiblesses de ses partenaires. La Russie n’a, pour cela, pas hésité à  valoriser son statut d’économie émergente, ainsi que sa puissance énergétique

Cette politique de puissance, incarnée par le président Vladimir Poutine, trouve son pendant à l’intérieur du pays dans la recentralisation du pouvoir et un large retour à une conception traditionnelle de capitalisme d’État.

Après la Chute de l’URSS, la Russie avait besoin de l’Europe, mais les deux entités ne sont donc pas parvenues à établir un partenariat satisfaisant, malgré une interdépendance économique très forte notamment dans le domaine de l’énergie. L’Europe ayant choisi les Etats-Unis d’Amérique, la Russie a progressivement commencé à déplacer son centre de gravité du monde vers l’Asie -Pacifique en n’hésitant pas à se montrer parfois offensive. Refusant un rapprochement que la Russie appelait de ses vœux, l’Europe est passée du statut de modèle à celui de concurrent politique de la Russie, leurs partenariats économiques ne semblant plus suffire à cette dernière.

Alors que l’Allemagne  a développé depuis quelques années des relations très fortes avec la Russie, en particulier dans le domaine économique, la France se doit de jouer un rôle pour apaiser les relations entre l’Union européenne et la Russie et pour équilibrer ses relations entre les Etats-Unis, et l’Est. Nous avons pour cela, de nombreux atouts à notre dispositions:

  • Nous avons la chance d’entretenir avec ce pays une tradition d’amitié ancrée dans l’histoire et la culture.
  • Nous avons aussi des échanges économiques dont le développement est récent mais qui sont très dynamiques et mutuellement profitables, car ils comprennent des partenariats dans des domaines de haute technologie, voire régaliens.
  • Enfin, nous avons avec la Russie un dispositif très dense de coopération institutionnelle au plus haut niveau. Tout cela permet aux deux pays de surmonter sans trop de dommages les désaccords internationaux parfois majeurs qu’ils peuvent avoir – on pense bien sûr à la crise syrienne.

Néanmoins, le maintien d’une relation politique riche avec la Russie implique de la part de la diplomatie française un effort sérieux de réflexion sur nos intérêts et nos priorités. Cela demande aussi que, sans être complaisants à l’endroit du régime russe, nous prêtions attention à la détérioration de l’image de la Russie en France, et symétriquement de l’image de la France en Russie, car cette tendance ne peut que nuire à la densité et à la qualité des relations bilatérales.

Le rapport parlementaire est disponible en cliquant ICI 

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