Présidentielle 2012: François Hollande dispose également d’un bilan

Le 6 mai 2012, les Français devront voter pour leur nouveau Président de la République. Le candidat sortant, Nicolas Sarkozy, se retrouvera face à l’ancien secrétaire national du parti socialiste, François Hollande.
En toute logique, les Français se penchent sur le bilan de Nicolas Sarkozy, le critiquent et le dénoncent. Mais il ne faut pas oublier, que François Hollande aussi à un bilan.

Le bilan de Nicolas Sarkozy est il est vrai peu flatteur sur le plan économique, tant la crise mondiale fut forte. Néanmoins, force est de constater que la France a su résister plutôt mieux que nombre de ces voisins. Si l’honnêteté intellectuelle consiste à analyser un bilan non pas dans l’absolu, mais au regard de la conjoncture économique, et de nos voisins, nous ne pouvons que constater que le chômage bien qu’ayant augmenté, contrairement à l’Allemagne, n’a pas explosé comme ce fut le cas aux États-Unis, en Espagne ou encore en Grande-Bretagne. L’économie française, tout comme la Polonaise, à réussi, comme l’Autriche l’Allemagne ou la Finlande à ne pas être en récession plus deux trimestres d’affilés depuis 2009. Par ailleurs, contrairement à des pays en crise, la France n’a pas connu de baisse des retraites ou des indemnités chômages. La situation n’a donc rien de glorieux, mais la France a malgré tout résisté.

La curiosité de cette élection présidentielle tient plutôt du fait que les médias ne semblent pas vouloir s’intéresser au bilan de François Hollande. N’ayant jamais été ministre, c’est donc son bilan d’élus au niveau local, et à l’Assemblée nationale, mais aussi son bilan personnel et de secrétaire national du parti socialiste qui doit être étudié.

N’ayant jamais dirigé de  grande ville, ou de grande région, et n’ayant jamais été ministre ni secrétaire d’État, ni Mitterrand, ni Jospin ne l’ayant voulu, il préside depuis 2008 le Conseil général du département de la Corrèze devenu le plus endetté de France  et l’un des seuls où le nombre de fonctionnaires a augmenté dans le même temps passant de 831 à 1231. Par ailleurs, il a fait voter une hausse de 6.5% de la taxe foncière, de 300% les taxes sur les permis de construire, fait supprimer les bourses étudiantes, la gratuité des transports scolaires, les 1000 € de prime de garde d’enfants et diminué presque toutes les aides aux personnes âgées ou dépendantes. Il se défend en arguant que le département de la Corrèze avait déjà des finances catastrophiques avant son arrivée.

Premier secrétaire du Parti socialiste de 1997 à 2008, pendant la troisième cohabitation, puis dans l’opposition, ses 10 ans à la tête du parti socialiste ont été calamiteux.  Aucun des scandales du PS, au sein des fédérations PS des Bouches-du-Rhône et du Pas de Calais par exemple, ne l’a interpelé.  Il n’a pas mis fin aux votes truqués des congrès. Il s’est fait une réputation d’habileté en rassemblant les idées des autres pour en faire la synthèse et n’a jamais fait gagner une présidentielle au candidat socialiste. Il a laissé à Martine Aubry un parti en crise, sans programme et sans leader.

Pire, ses camarades le méprisent, ou du moins, le méprisaient jusqu’à ce qu’il soit en mesure de« risquer » de devenir Président de la République. Qualifié de fraise des bois par Laurent Fabius, François Hollande, jusqu’à récemment été qualifié ainsi : « François n’a jamais travaillé, il ne fout rien » (Martine Aubry, 30 avril 2011), « il n’est pas fiable » (Martine Aubry, 23 juin 2011), « Il n’a aucune épine dorsale, il manque de caractère » (Martine Aubry, 30 juin 2011), « le point faible de François Hollande, c’est l’inaction. Est-ce que les Français peuvent citer une seule chose qu’il aurait réalisée en 30 ans de vie politique ? » (Ségolène Royal, 8 septembre 2011), « Franchement, vous imaginez François Hollande Président de la République ? On rêve ! » (Laurent Fabius, 18 avril 2011).

Néanmoins l’homme passe pour être « quelqu’un de bien », et disposant d’un grand sens de l’humour (Monsieur petites blagues) et agréable à fréquenter. Il a la réputation de bien savoir négocier et faire des compromis, mais d’avoir du mal à dire « non ».

Par ailleurs, son absence d’expériences gouvernementales fait de lui quelqu’un d’inconnu à l’international. S’il devait être élu, il serait le seul Président de la Ve République à n’avoir jamais occupé une responsabilité ministérielle. Il convient de préciser que c’était également le cas du Président Barrack Obama que cela n’a pas empêché de devenir président.

Pour finir,  son travail de Député est loin d’être honorable. Peu présent en séance ou en commission, ayant posé peu de questions écrites ou oral, il ne s’est emparé d’aucun sujet, et n’a porté aucun grand texte. Que ce soit sous la gauche, ou dans l’opposition, son bilan de parlementaire est malheureusement bien mince.

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