La Tribune: « Pacte de compétitivité: La copie est hors sujet sur la place de la France dans le monde »

Spécialiste de l’intelligence économique et directeur de l’Ecole de Guerre Economique, Christian Harbulot livre son analyse du Pacte du gouvernement en faveur de la compétitivité. Pour lui, occulter l’Europe et le reste du monde d’un plan d’actions sur la compétitivité est un non sens.

La Tribune – Le Pacte Ayrault a-t-il fait la démonstration d’une stratégie économique conquérante pour la France ?
Christian Harbulot – Ca n’est pas une politique conquérante dans la mesure où, par exemple, le levier annoncé pour favoriser l’exportation des PME nous permet au mieux de compenser un retard ou de nous aligner sur les politiques réalisées dans d’autres pays. C’est une démarche tactique, pas stratégique.
Mon problème, dans ce levier intitulé Renforcer les conquêtes de nos entreprises à l’étranger et l’attractivité de notre pays, c’est qu’il n’y a pas une ligne sur l’Asie, alors que c’est une évidence. Il n’y a pas un début de stratégie d’appréhension de la zone la plus attractive du monde, l’Asie. Rien sur la manière dont nos entreprises doivent approcher cette zone éminemment complexe et où nous sommes particulièrement déficitaires en termes de commerce extérieur.
J’attends d’un président de la République qu’il ait aussi une vision par rapport au monde qui nous entoure. On ne peut pas dissocier la compétitivité de la France d’un système mondial, et d’économies offensives comme la Chine ou le Brésil. De la même manière, on ne peut pas parler de la compétitivité sans avoir une posture stratégique vis-à-vis de l’Europe. Dans ce Pacte, on parle de la France, mais pas de la France par rapport au reste du monde. Le hors-sujet de la copie est là.

Le Pacte annonce la mise en place de nombreux dispositifs de financement du développement des PME en France comme à l’export. N’est-ce pas une bonne chose ?
La Banque publique d’investissement sera créée en 2013. Pour qu’elle finance réellement les PME dans une optique stratégique, il faudra aussi les aider à conquérir des parts de marchés dans le monde. Ce, en s’appuyant sur les compétences d’experts au niveau local dans les régions pour les accompagner. Mais ce n’est pas dans l’administration qu’on va trouver ces gens-là…
Si l’on crée cette banque simplement en se contentant de distribuer de l’argent, ce sera l’échec garanti !

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