L’Usine Nouvelle: « Comme un Rafale sans pilote, le drone de combat Neuron a réalisé son premier vol »

Le démonstrateur de drone de combat Neuron a réussi le 1er décembre son tout premier vol à Istres, dans les Bouches-du-Rhône. Il couronne près de dix ans d’efforts de six pays européens emmenés par la France et Dassault Aviation.

Dix années d’efforts conjoints de six pays européens emmenés par la France et Dassault Aviation ont été nécessaire pour arriver à cette première étape. Une fois la centaine de vols d’essais du Neuron réalisés, d’ici deux ans, l’avionneur tricolore compte participer à la préparation de la prochaine génération d’avions de combat, avec ou sans pilote, attendue dans les années 2030.

Le Neuron a atterri samedi à 8h45 à Istres après 25 minutes de vol sans aucune difficulté, avec plusieurs mois de retard sur le calendrier prévu.

Lancé en 2003, le programme Neuron, d’un budget de plus de 400 millions d’euros, est piloté par la Délégation générale de l’armement (DGA) et Dassault Aviation, qui joue le rôle de maître d’oeuvre.

L’avionneur français, concepteur de l’avion de combat Rafale, a entraîné dans son sillage le suédoisSaab, qui fabrique le Gripen et l’italien Alenia (Finmeccanica, qui fait partie du consortium Eurofighter avec EADS et le britannique BAE Systems.

L’espagnol EADS-CASA, le grec Hellenic Aerospace Industry (HAI) et le suisse Ruag sont également de la partie.

Pendant ce temps, BAE Systems, avec qui Dassault Aviation coopère dans les drones de surveillance, mène son propre projet similaire, Taranis, avec un premier vol prévu en 2013.

AUTONOMIE

Le Neuron peut effectuer un vol complet sans recevoir aucun ordre et peut rectifier de lui-même des situations critiques, un avantage crucial dans une zone de combat où il vole beaucoup plus vite que les drones de surveillance actuels.

Mais s’il n’y a pas de pilote dans l’avion, le pilote est bien là, dans un « shelter », étroite baraque installée au bout de la piste d’Istres, la plus longue d’Europe. A tout instant, installé face à des écrans similaires à un cockpit, il peut reprendre la main. A ses côtés, un deuxième opérateur vérifie le bon fonctionnement des équipements informatiques.

« Parfois, il nous arrive d’oublier qu’on n’est pas dedans », raconte Olivier Ferrer, dit « Nino », ancien pilote de chasse de l’aéronavale devenu pilote d’essai pour Dassault Aviation.

« Même s’il n’y a pas de manche de manette, tous les ordres qu’on donne sont quasiment les mêmes que pour un avion ».

Le pilote reste en contact permanent avec une « salle d’écoute », l’équivalent d’une tour de contrôle.

Après avoir reçu à Istres des pièces des six pays d’Europe participant au programme, le Neuron a démarré ses essais au sol qui ont mobilisé 300 personnes depuis fin 2011.

Comme ceux qui suivront, ce premier vol d’essai a été réalisé au-dessus de zones faiblement peuplées – moins de 15 habitants au km2 – pour limiter les risques.

Le deuxième vol attendra quatre mois. Entre-temps, l’avion sera envoyé au Centre d’essai d’électronique de l’armement de la DGA à Bruz, près de Rennes, où des tests seront réalisés pour vérifier qu’il est bien le plus furtif possible.

« L’idée, c’est d’être aussi invisible qu’un moineau. Le moineau de Paris est gris, discret, ne se voit pas, se fond dans l’environnement », explique Didier Gondoin, directeur général technique de Dassault Aviation, qui a dirigé le programme Rafale de 1998 à 2005.

Le Neuron devra ainsi demeurer en dessous des seuils de détection des radars, réglés de façon à ne pas détecter les vols d’oiseaux.

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