L’Intelligence Economique au service du commerce extérieur français

30 octobre 2012 dans Humeur du jour

En mai 2012, le déficit commercial à 5,3 milliards d’euros (contre 5,8 milliards en avril), a une nouvelle fois reflété l’atonie de l’économie française. Bien que les exportations aient lentement progressé (+1,3%) et que les importations se sont stabilisées, suite au recul des achats énergétiques, la position française s’est dégradée vis-à-vis de l’Allemagne, de la Belgique et des Pays-Bas. Même si la Chine reste le premier déficit bilatéral, cette situation illustre que notre économie souffre également de problèmes de compétitivité sur les marchés de proximité.

Nicole Bricq, ministre du Commerce extérieur, a indiqué que « les chiffres publiés aujourd’hui confirment la situation très dégradée de nos échanges extérieurs [...] », et veut conduire son action autour de trois priorités : « la réciprocité dans nos échanges, la compétitivité de nos entreprises et l’attractivité de notre territoire et de nos produits ».

En effet, en pleine période de crise économique, l’amélioration de la compétitivité française est devenue un enjeu majeur auquel doit faire face le nouveau gouvernement. La réduction des déficits et l’amélioration de la balance commerciale française apparaissent ainsi comme deux objectifs indissociables. Pourtant, le rapport Gallois sur la compétitivité semble déjà promis au destin habituel des rapports au gouvernement.  

Avec 69,6 milliards d’euros de déficit commercial en 2011, la situation de l’export français est préoccupante. A cette date, le montant des exportations s’élevait à 429 milliards d’euros et le nombre d’entreprises exportatrices était de 117 000  avec 1 000 entreprises exportatrices représentant 71,2 % du volume des exportations. Sans surprise, les secteurs de l’agroalimentaire du luxe de l’aéronautique  et de la pharmaceutique sont ceux qui s’en sortent le mieux.

Déficit de la balance commerciale française de 2003 à 2011.

Ce déficit de notre balance commerciale est le fruit de facteurs macroéconomiques pouvant influer sur la balance commerciale mais également d’une inaction de l’Etat en matière d’accompagnement des entreprises. Alors que de nombreux Etats à travers le monde ont mis en place une politique publique de gestion de l’information particulièrement volontariste en matière de soutien à l’export et que des réformes sur la compétitivité ont été menées, les élites françaises semble ne pas vouloir saisir l’ampleur de l’urgence, ni mettre en œuvre une stratégie nationale d’accompagnement des entreprises dans leur démarche. Contrairement aux autres grands exportateurs, la France semble ne pas disposer de vision à long terme.

En Septembre 2012, une étude menée par des étudiants de l’Ecole de Guerre Economique, intitulée « La France de l’Export en 2015 ? » a été publiée afin d’alerter les autorités publiques. L’étude se propose « d’imaginer quelle pourrait être l’identité stratégique française et comment sa déclinaison opérationnelle pourrait représenter l’un des moyens d’optimiser le système français de soutien à l’export à l’horizon 2015. » Avant d’ajouter que si rien ne change d’ici cette date, « nos principes avantages comparatifs restants ne seront plus que des douilles vides. »

Lire l’étude complète ICI.

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