Les Echos: « Mali, la France est-elle seule ? »

Comment la presse internationale voit l’intervention des troupes françaises au Mali. Tour d’horizon.

C’est au nom des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies et de l’engagement des pays africains à déployer au Mali des troupes, que le président François Hollande a décidé de lancer, vendredi dans l’urgence,l’opération Serval dans ce pays du Sahe l, coupé en deux par une insurrection.

Mais la lecture de la presse étrangère confirme une chose : «La France combat en solitaire au Mali», titre El Pais . «De toutes les guerres livrées contre le terrorisme depuis la fin du siècle dernier, aucune n’a autant concerné l’Europe, au sud de ce continent, comme l’opération lancée par la France vendredi dernier.»

Et pourtant, note le quotidien espagnol, l’armée française est la seule sur le terrain pour couper la route aux djihadistes d’Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique) et à leurs associés. Au mieux elle pourra compter dans quelques semaines sur l’arrivée de détachements des armées africaines.

C’est du bout des lèvres que nombre de partenaires européens soutiennent en effet le déploiement français dans ce pays du Sahel.

Ratage au démarrage de la Royal Air Force

«Faux départ pour la mission au Mali après qu’un avion dernier cri de la Royal Air Force (RAF) n’a pas pu décoller», titre The Times de Londres. Juste un problème technique qui a empêché le décollage de l’un des deux appareils des C17, promis pour le transport de troupes françaises. Mais le quotidien, qui a déjà appuyé fermement la décision de François Hollande de donner son feu vert à une opération contre des terroristes, ironise sur le Premier ministre britannique.

Car le ratage au décollage intervient quelques jours après seulement que David Cameron a loué les capacités du C-17 comme «l’appareil de transport le plus avancé de la RAF».

Cette déconvenue est d’autant plus gênante, note-t-on par ailleurs, que le Royaume-Uni est, avec la France, la seule puissance militaire en Europe dans l’après guerre froide. Pour le moment -officiellement -du moins, elle ne devrait pas cependant fournir des appareils de combat et de troupes sur le terrain au Mali….

Quand le Spiegel s’inquiète même du service minimum de l’Allemagne

L’Allemagne a affiché sa volonté de rester à côté de son allié français dans son opération au Mali contre le terrorisme. Cinquantième anniversaire du traité de l’Elysée oblige.

Mais le soutien sera purement logistique. Aucune troupe allemande ne sera déployée au sol. Pourtant, le Spiegel allemand s’inquiète. «Berlin s’engage-t-il dans un nouveau conflit de longue durée ?», s’interroge le magazine. «En aidant la France, l’Allemagne prend dans les faits parti dans des attaques contre des islamistes radicaux liés étroitement à Al-Qaïda et qui menacent d’actions de représailles Paris et toutes les nations prenant part à l’opération.»

Surtout, ajoute le Spiegel, une fois qu’une nation fournit une aide logistique, on peut lui demander rapidement de s’impliquer plus. «En fin de compte, l’Allemagne pourrait être entraînée dans une guerre longue.» Or, personne à Berlin ne veut un nouvel Afghanistan.

Les Etats-Unis : franc soutien mais…

En tout cas, les Américains risquent de rester un peu sur les côtés des nouvelles opérations.

D’après le New York Times, «les Etats-Unis, qui ont dépensé plus de 500 millions de dollars au cours des quatre dernières années dans la lutte contre les militants islamistes en Afrique de l’Ouest, ont déjà un lourd fardeau dans des pays comme l’Afghanistan, le Pakistan, l’Egypte et la Libye, parmi d’autres. Mais il est dans l’intérêt national de soutenir les Français. Les pays d’Afrique du Nord, en particulier l’Algérien doit aussi contribuer à cet effort pour sauver le Mali de la catastrophe».

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