Les Echos: L’urgence industrielle

Le constat est accablant et il n’est pas nouveau : année après année, la France se vide de ses usines et en paie le prix. Recul de nos exportations, explosion de notre déficit commercial, montée du chômage… La persistante désindustrialisation dont nous souffrons produit bien des ravages. Depuis 2009, ce sont plus de 1.000 usines qui ont refermé leurs grilles. Le rythme des fermetures s’accélère et la vague frappe des sites de grands groupes comme des PME.

Avant d’envisager une stratégie de rebond industriel, la priorité est aujourd’hui de faire en sorte que tous les Français mesurent l’étendue du désastre et comprennent la nécessité d’une relance manufacturière. Sur le front idéologique, une bonne partie du chemin a d’ores et déjà été parcourue. Plus personne ou presque ne défend l’idée d’une France sans usines portée par une économie totalement tertiarisée.

Les Français sont encore trop souvent contre l’installation juste en face de chez eux d’une usine trop systématiquement considérée comme polluante mais ils ne sont plus, par principe, hostiles à l’industrie. Les politiques ont également fait de la renaissance industrielle un thème central. Nicolas Sarkozy voulait créer plus d’emplois industriels, relancer les exportations et gagner des parts de marché sur la scène mondiale. Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, n’utilise pas forcément les mêmes mots mais vise le même objectif.

Au-delà du bilan chiffré (notre solde des échanges en produits manufacturés est passé de + 3 milliards d’euros en 2004 à – 42 milliards en 2011), la France des usines doit reconnaître que sa position s’est fragilisée depuis le début de la crise de 2008. Car pendant que notre situation se dégradait, celle de beaucoup de nos concurrents s’améliorait. La Chine, concurrent à bas coûts, est de moins en moins un atelier et de plus en plus un laboratoire. Le « made in China » remonte rapidement la chaîne de la valeur ajoutée, les ingénieurs cumulant leurs efforts à ceux des ouvriers. Notre voisin allemand, qui avait depuis la réunification fait un effort sur les coûts de production, a, depuis, accentué son avance sur le front de la qualité de son offre. Enfin, plus au sud, un pays comme l’Espagne cherche un rebond en faisant le pari d’une baisse massive de ses coûts salariaux. La France risque donc d’être prise en sandwich.

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