Les Echos: « Le vrai visage du commerce mondial »

Les nations surveillent leurs échanges depuis une éternité. En France, le premier Bureau de la balance du commerce a été créé il y a exactement trois siècles.

Les chiffres du commerce extérieur sont publiés régulièrement depuis la fin des années 1820. Et la Société de statistique de Paris a été créée en 1860 par des économistes qui entendaient défendre, chiffres à l’appui, le traité commercial de libre-échange signé avec l’Angleterre. Un siècle et demi plus tard, les partisans du protectionnisme assènent, eux aussi, des chiffres pour appuyer leur raisonnement. Le déficit colossal de 160 milliards d’euros enregistré dans les échanges de l’Europe avec la Chine serait ainsi la preuve qu’il faudrait absolument se protéger de l’empire du Milieu. Sauf que ce déficit pourrait bien être en réalité de 80 milliards.

Car nous continuons à observer les échanges du XXI e siècle en enregistrant les exportations et les importations comme si nous étions encore au XIX e siècle, avec des producteurs nationaux fabriquant au pays des produits vendus ensuite dans le reste du monde. Or ce n’est plus du tout le cas. Quand nous achetons un iPhone made in China, le travail réalisé en Chine représente seulement 4 % de sa valeur. Le reste vient de la conception en Amérique, de composants électroniques venant du Japon, et tutti quanti. De même, quand Airbusexporte un avion vers le Qatar ou à Dubaï, cet appareil comptabilisé comme français a aussi été fabriqué en Allemagne, en Espagne et au Royaume-Uni. Les chaînes de valeur sont désormais mondiales. Pour décider, il est essentiel de voir cette réalité.

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