Les Echos: « La guerre au Mali souligne l’inconsistance de l’Europe de la défense »

Bruxelles s’en tient à la mission de formation de l’armée malienne. Berlin ne veut pas intervenir au sol.

Au quatrième jour de l’intervention au Mali, marquée par de nouvelles attaques aériennes contre les islamistes, qui en retour ont menacé de frapper le « coeur de la France », un acteur de marque continue d’agir à la remorque des événements : l’Europe. Collectives ou nationales, les marques de soutien n’ont pas manqué hier, mais elles sont restées verbales, alors que Paris envisage de déployer 2.500 hommes sur le terrain.

En visite au Caire, Herman Van Rompuy, le président de la Commission, s’est contenté de souligner l’ « urgence » de stopper les « terroristes ». Une réunion de crise devait réunir lundi après-midi à Bruxelles l’ensemble des services impliqués, pour voir ce qui pourrait être fait sur le plan civil, car il n’est pas question pour l’Europe en tant que telle de jouer un rôle dans les combats. Pour l’heure, on se contentera de la mission de formation des troupes maliennes, qui va être « accélérée dans les prochaines semaines », a réitéré un porte-parole de Catherine Ashton, en charge du service européen pour l’action extérieure. Celle -ci a convoqué une réunion exceptionnelle des ministres des Affaires étrangères européens cette semaine.

Bien que qualifiant l’opération de « justifiée », l’Allemagne, troisième puissance militaire du continent, ne souhaite pas s’engager également. La chancellerie cherche une voie médiane entre l’intervention militaire, qu’elle préfère abandonner à Paris, et une assistance au Mali et son allié français. « Une intervention militaire allemande au Mali est exclue », a souligné hier le porte-parole de la chancelière.

Sur le fond, Berlin apporte son soutien « politique », mais s’en tiendra à un soutien logistique, médical ou humanitaire. Le gouvernement voit son rôle dans le contexte d’une initiative européenne, qu’il espère « le plus rapide possible ». L’armée allemande envisage de former des soldats maliens, mais veut d’abord savoir au service de qui ceux-ci agiraient. « Nous devons savoir vers où va le pays, qui voulons- nous former et pour qui », indique le ministère de la Défense.

Malgré sa prudence, le gouvernement allemand sait que sa non-participation à l’intervention en Libye, en 2011, l’avait partiellement isolé sur la scène internationale et il veut éviter un même sort. Une chose est sûre, toute participation devra faire l’objet d’une consultation du Bundestag. Angela Merkel reçoit mercredi le président de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, qui pourrait lui demander assistance.

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