Les Echos: « Florange : ArcelorMittal inflige un camouflet à Matignon »

Au lendemain de l’allocution du Premier ministre sur l’accord conclu avec le sidérurgiste, ArcelorMittal retire sa demande de financement à Bruxelles pour le projet Ulcos.

Pris dans un véritable imbroglio, Matignon tente de faire bonne figure, mais ArcelorMittal vient d’asséner un coup dur à l’exécutif  :  en retirant ce matin sa demande de financement à Bruxelles pour lancer le projet Ulcos (« Ultra Low Carbon Dioxide Steelmaking ») qui vise à transformer le site lorrain en usine de captage de CO2), le groupe réduit considérablement les derniers espoirs de voir redémarrer un jour la filière liquide en Lorraine.

Le mail est arrivée ce matin, explique-t-on à Bruxelles… Une missive dans laquelle, le groupe « a informé la Commission qu’il retire le projet Ulcos à cause de difficultés techniques », a indiqué Isaac Valero, porte-parole de la Commissaire en charge du Climat Connie Hedegaard.

Matignon a assuré jeudi que le géant de la sidérurgie ArcelorMittal, «à la demande du gouvernement», s’était «engagé à poursuivre les travaux liés au projet Ulcos» et que l’accord passé avec le sidérurgiste était «toujours valable».

« La première conception » du projet Ulcos « rencontre de réelles difficultés technologiques, mais nous avons obtenu d’ArcelorMittal qu’il ne soit pas abandonné », à l’origine le groupe voulait mettre un terme au projet, expliquent les services du Premier ministre. «  Ca été un des points dur des négociations », souligne-t-on encore.

Cette annonce ne contredit pas explicitement l’accord conclu avec ArcelorMittal, lequel stipule seulement que le groupe entend poursuivre ses recherches sur le projet Ulcos, jugé « important pour développer de nouvelles solutions mieux adaptées aux enjeux du changement climatique ». Le document précise aussi que « l’état actuel des résultats de la recherche ne permet pas de passer directement sur le démonstrateur industriel de Florange ». Toutefois cette annonce remet le projet aux calendes grecques.

ArcelorMittal de son côté précise encore que l’accord est « toujours valable ». Et au groupe sidérurgique de souligner que : « ce qui a été annoncé par la Commission Européenne est en parfaite cohérence avec ce qui figure dans l’accord signé avec le gouvernement français. »

Chez les syndicats c’est la colère qui l’emporte, jeudi matin. ArcelorMittal « a enfumé tout le monde », a lancé Edouard Martin, délégué CFDT, à Florange. Cette annonce signe « l’arrêt de mort de la filière liquide », a-t-il ajouté. Depuis la signature de l’accord, les salariés redoublaient de méfiance vis-à-vis des promesses d’ArcelorMittal. Voilà qui devrait confirmer leurs inquiétudes sur les velléités du sidérurgiste à respecter ses promesses.

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