Montée en puissance, contentieux régionaux et risques de guerre en Asie

Asie

Nombre d’observateurs s’accordent à dire que le XXIe siècle sera celui de l’Asie. En effet, entre 1960 et 2014, la croissance de l’Asie émergente a été de près de deux fois supérieure à celle des autres régions du Sud. Pourtant, en 1960, son PIB était inférieur à celui de l’Amérique latine ou de l’Afrique – Moyen-Orient. Il est désormais supérieur à la somme des deux ensembles. Qu’il parait désormais loin « l’Asie pessimisme » des années 1950 qui voyait en elle la région la plus pauvre et la plus « en retard » de notre planète. Loin d’être un miracle, ce retour de l’Asie, après un siècle entre stagnation et humiliation, résulte de stratégies de développement volontaristes conduites par leurs États.

Largement distancées par l’Europe dès la révolution industrielle, les nations asiatiques ont l’une après l’autre planifié leur modernisation, à commencer par celles dont les États étaient les plus puissants. S’inspirant de l’exemple prussien et des théories de l’économiste Friedrich List, le Japon parvint à protéger son économie des puissances occidentales puis, peu à peu, à la faire prospérer jusqu’à se faire une place parmi les principales nations. Ayant repris sa progression économique dès les années 50 sous « Pax america », le Japon fut imité à partir des années 60 par Singapour, Taiwan et la Corée du Sud. Toujours selon le même schéma : protection de leur économie, création d’une industrie solide par la mise en place de profondes politiques industrielles et financières puis instauration d’incitation à l’export. Désormais, leur niveau de développement (IDH) est comparable – et parfois supérieur – à celui du continent européen. Puis vint le tour du Vietnam, et surtout de la Chine, qui par un effort d’investissement sans équivalent et depuis son entrée triomphante dans l’OMC en 2001, accumule les premières places dans de nombreux palmarès et se prépare à reprendre dans le courant du siècle, la première place qu’elle considère être la sienne. La chine ouvre la route à l’Indonésie, les Philippines, la Birmanie et le Cambodge… Après la Chine, autre civilisation millénaire, l’Inde pourrait démontrer que les renaissances sont certes rarissimes (mongol, perse, espagnol, portugais, byzantin, romain…), mais possibles.

Au contraire du Japon qui, jusqu’à sa confrontation à la montée politique, économique et militaire de la Chine et de l’Inde, se contenta d’une affirmation purement économique et culturelle, les nouvelles puissances émergentes asiatiques, et notamment la Chine, entendront devenir des puissances globales. Or,  la montée en puissance de l’Asie sur la scène politique apportera son lot de nouveaux dangers. En effet, la coexistence de quatre puissances dans la région –Inde, Chine, Japon et États-Unis- est sans précédent.

Supranational_Asian_Bodies.svgLa difficile création de l’ASEAN (Association des nations de l’Asie du Sud-Est) en 1967 a permis d’éviter que plusieurs litiges frontaliers ne débouchent sur des conflits entre la Thaïlande et le Cambodge, la Thaïlande et la Malaisie ainsi qu’entre la Malaisie, les Philippines et l’Indonésie. Toutefois, de nombreux conflits terrestres et maritimes, régionaux et globaux, subsistent sur le continent.

Les conflits maritimes

De nouvelles images satellites publiées en février 2014 révèlent que la Chine accélère la construction d’infrastructures lourdes sur six îlots artificiels de l’archipel des Spratleys, qui, servant de voie de passage entre l’Asie orientale, l’océan Indien et l’Europe et recélant d’importantes réserves d’hydrocarbures et halieutiques, revêt un intérêt stratégique. Les revendications territoriales de la République populaire s’y confondent avec celles du Vietnam, de la Malaisie, des Philippines, de Taïwan ou encore du sultanat du Brunei. Pas moins de cinq États y ont placé des garnisons : environ 1 500 Vietnamiens, 450 Chinois, une centaine de Malaisiens, une vingtaine de Brunéiens et une centaine de Philippins. À terme, les infrastructures chinoises en question « devraient être assez grandes pour accueillir des pétroliers et des navires de guerre ».  Ces travaux, qui s’inscrivent dans le cadre de la revendication par la chine de la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale, renforcent l’inquiétude de ses voisins dans la région et accélérant la course à l’armement.

Sans titre

Comme les îles Spratleys, les Paracels font l’objet d’une importante rivalité géopolitique. Contrôlées par la Chine depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale qui les considère comme partie intégrante de son territoire, ces îles sont également revendiquées par le Viêt Nam et Taïwan. Il en est de même pour les îles indonésiennes de Natuna, situées entre la péninsule Malaise et l’île de Bornéo dans une zone revendiquée par la Chine. Riche zone de pêche, elles abriteraient elles aussi des gisements d’hydrocarbures. En janvier 2013, les Philippines ont demandé l’arbitrage de la cour de La Haye sur ces questions, démarche qui fut rejetée pas la Chine.

16301276S’inscrivant toujours dans le cadre de la géopolitique de la mer de Chine, les îles Senkaku, en mer de Chine orientale, sont constituées de huit îles et rochers sont sous contrôle japonais depuis 1895 et sont revendiqués par la République de Chine (Taïwan) et par la République populaire de Chine depuis 1971. Ces îles sont mentionnées dans le traité d’assistance entre les États-Unis et le Japon (article 5), ce qui fut réaffirmé par Barack Obama en avril 2014. Au rachat de ces îles détenues par un particulier japonais par le gouvernement japonais en 2012, la Chine, qui refuse toute ingérence américaine dans les négociations, a répondu par l’envoi de navires de guerre et par l’organisation de manifestations anti-japonaises parfois violentes. Le Japon a réagi par la constitution d’une force spéciale navale de protection de ces îles. La Chine a, quant à elle, décrété en 2013 l’établissement d’une zone d’identification de défense aérienne (ADIZ) sur ces îles, qui stipule que les avions survolant la région devront se conformer aux procédures imposées par les autorités chinoises. Cette décision fut vivement dénoncée par le Japon, la Corée du Sud, l’Australie et bien sûr les États-Unis d’Amérique qui s’empressèrent de survoler les îles sans autorisation.

ap834550460218 Siège d’un autre litige frontalier maritime, les îles Kouriles, saisies par l’URSS au Japon en 1945, sont toujours revendiquées par le Japon (les quatre îles Kouriles les plus méridionales considérées comme l’extension de Hokkaidō) et administrées par la Russie (Oblast de Sakhaline). Cette dernière se réfère à l’accord de Yalta de 1941. Ces deux pays n’ont toujours pas signé de traité de paix après 1945. Le 3 juillet 2009, la Diète du Japon a adopté une loi affirmant la souveraineté du Japon sur les quatre îles, le texte déclarant que le Japon « fera tous ses efforts pour obtenir la restitution au plus tôt des îles qui font partie intégrante du pays ». Le gouvernement russe a en retour déclaré qu’il considérait « l’adoption de cette revendication territoriale infondée vis-à-vis de la Russie comme inappropriée et inacceptable ». En effet, ces îles apportent un intérêt stratégique majeur pour la Russie offrant aux navires russes basés à Vladivostok un libre accès au Pacifique. Selon le Département d’Etat américain, « les États-Unis soutiennent le Japon et reconnaissent la souveraineté japonaise sur les territoires du nord ». Ces îles forment un archipel volcanique qui forme une ligne discontinue de quelque 1 200 kilomètres de l’extrême nord du Japon à la pointe sud de la péninsule du Kamtchatka. Elles ont une importance stratégique et économique grâce à leurs eaux riches en ressources halieutiques et leurs gisements de pyrite, soufre et minéraux polymétalliques.

Le Japon entretient également un contentieux avec la Corée du Sud qui contrôle de facto (avant 1905 puis depuis 1952) les îles Dokdo /Takeshima/ rochers Liancourt situées sur la ligne médiane de partage des zones économiques exclusives. En 2005, le Japon a ainsi décidé d’instaurer un jour Takeshima et s’est appuyé sur les manuels scolaires afin d’y affirmer sa souveraineté. Pour les Coréens, ces rochers sont un symbole de leur indépendance nationale vis-à-vis du Japon – le Président s’y est rendu pour l’anniversaire de la capitulation du Japon en août 2012 provoquant de vives réactions japonaises –  et représentent désormais un enjeu économique et commercial de taille en raison des importantes ressources halieutiques qui s’y trouvent. Les demandes japonaises de règlement du différend devant la Cour internationale de justice ont toutes été rejetées par la Corée du Sud. Liés aux deux parties en présence, les États-Unis affichent leur neutralité vis-à-vis de ce litige territorial.

Toujours dans le cadre des conflits maritimes en Asie, la guerre du Crabe constitue une suite d’incidents maritimes frontaliers plus ou moins graves entre la Corée du Nord et la Corée du Sud en mer Jaune. Depuis 1967, de nombreux accrochages ont eu lieu entre des navires de guerre, des chalutiers et des navires-espions provoquant la mort de nombreuses personnes civiles et militaires. Le 26 mars 2010, une corvette sud-coréenne a été coulée. La Corée du Nord a démenti en être à l’origine malgré les conclusions l’accusant d’une commission d’enquête internationale. Le 8 août 2010, un chalutier sud-coréen a été arraisonné par la marine nord-coréenne et ces marins faits prisonniers. Le 23 novembre 2010, la Corée du Nord a procédé au bombardement l’île de Yeonpyeong, faisant deux morts et 15 blessés parmi les militaires sud-coréens. Depuis, les tirs de sommation, franchissements de frontières, arraisonnements de navires de pêche et provocations continuent régulièrement apportant leurs lots de victimes.

Les conflits terrestres 

L’Asie est également le théâtre de nombreuses confrontations terrestres majeures opposant des puissances nucléaires. En Asie du Sud-est, malgré l’ASEAN, le conflit de Sabah a éclaté en février 2013 après que 235 Philippins militants aient accosté par bateau à Lahad Datu dans l’État de Sabah en Malaisie revendiqué par les Philippines. Cet épisode s’est soldé par la victoire de l’armée malaisienne.

Depuis 1945 puis la guerre de Corée (1950-1953), les deux Corées sont séparées par une zone démilitarisée le long du 38e parallèle.  Les États-Unis maintiennent une force de 30 000 hommes au sud. La Corée du Nord, communiste, a quant à elle développé un arsenal nucléaire et s’est dotée de missiles balistiques. Depuis 1950, ce conflit a fait plusieurs millions de morts de part et d’autre, dont deux millions entre 1950 et 1953. Malgré les rapprochements symboliques comme les défilés en commun lors des Jeux olympiques de 2000 et 2004, la Corée du Nord a annoncé en 2013 sa décision d’entrer en conflit avec la Corée du Sud tout en menaçant les États-Unis. Ces deux derniers mènent régulièrement et conjointement des exercices militaires aux abords de la Corée du Nord. En plus des nombreux affrontements navals évoqués précédemment, de nombreuses arrestations d’espions. Actuellement, la circulation des citoyens nord-coréens à l’étranger reste très limitée et la loi de sécurité nationale en Corée du Sud interdit aux Sud-Coréens de nouer des échanges directs, sans autorisation préalable, avec les Nord-Coréens. Les autorités sud-coréennes ont choisi de privilégier la voie d’un rapprochement économique, ce qui s’est concrétisé par l’ouverture de la zone industrielle de Kaesong en 2003 qui permet au sud de bénéficier d’une main d’œuvre à très bas coût sans avoir à assumer le coût d’une réunification. Ainsi, et malgré une nouvelle détérioration de la situation depuis 2009, la Corée du Sud est devenue, après la Chine, le second partenaire commercial de la Corée du Nord.

La question du Cachemire, une ancienne principauté, a débouché sur trois conflits entre l’Inde et le Pakistan depuis la partition (1947, 1949 et 1956) dont le troisième s’est achevé par une victoire indienne puis l’évacuation de cette dernière des terres conquises et la libération de 90 000 prisonniers en raison de la pression internationale. En 1989, un soulèvement interne au Cachemire a fait plusieurs dizaines de milliers de morts, notamment suite à la radicalisation de l’Islam au Cachemire après la défaite de l’Union soviétique contre l’Afghanistan. Par ailleurs, un quatrième conflit a failli éclater en 1999 opposant ces deux puissances nucléaires. Il fut évité grâce à la pression diplomatique des États-Unis et eut pour conséquence un coup d’État militaire au Pakistan. Outre l’Inde, le Pakistan, et les États-Unis en tant que médiateur, une quatrième puissance nucléaire s’est progressivement imposée comme un tiers dans ce conflit initialement indo-pakistanais. En effet, après que le Pakistan lui eut cédé une partie de son territoire suite aux guerres sino-indiennes de 1959-1960 et 1962, la Chine s’est installée dans le nord-est de cette région majoritairement musulmane (94%). La Chine tient désormais à affirmer son autorité dans des territoires qu’elle a longtemps délaissés en raison de leur difficile accessibilité et entend désenclaver la province du Xinkiang tout en maintenant la pression sur son rival indien. La chine a apporté son soutien au Pakistan qui a également bénéficié pendant longtemps du soutien américain. Depuis 1999, la nucléarisation du conflit et la dissuasion nucléaire semblent avoir figé les positions de chacun et limité les escalades. Le déséquilibre du rapport de force entre le Pakistan et l’Inde allant en s’accroissant, le Pakistan parait avoir opté pour la solution du soutien financier à des groupes paramilitaires dans la région conduisant à de nombreux attentats en Inde depuis décembre 2000.

Les tensions sont également nombreuses le long de la frontière terrestre entre l’Inde et la Chine. Le litige frontalier à l’origine du conflit sino-indien de 1962 (3 000 morts Indiens et 900 Chinois), notamment l’annexion de l’Aksai Chin, demeure. Depuis un accord en 2005, les violations de frontière par les forces chinoises restent fréquentes et l’armée indienne est plus présente sur cette frontière, le long de laquelle sont déployés des missiles balistiques chinois, que sur celle avec le Pakistan.

Si au terme du bail de 99 ans Hong Kong a réintégré la Chine dans le cadre de la formule « un pays et deux systèmes », la proposition faite à Taiwan par la Chine n’a pas obtenu de réponse. Les Taiwanais demeurent partagés entre indépendance, statu quo, et réunification à la Chine. L’Assemblée Nationale Populaire a autorisé le gouvernement à faire usage de la force en cas de sécession taïwanaise, ce qui constituerait un casus belli entre la chine et les États unis. L’heure semble être au statu quo et au retour progressif des relations entre la République populaire de Chine et Taïwan comme l’attestent les accords d’ouvertures et de libre-échange entre les deux pays depuis 2008 et le retour au pouvoir du Kuomintang favorable au courant « Une Chine, deux systèmes ».

 Asie Carte

La rivalité géopolitique États-Unis / Chine

Puissance montante de ce début de siècle, la Chine se présente comme étant une nation pacifique, passant sous silence le fait que les dynasties confucéennes étaient autrefois accommodantes tant qu’elles ne disposaient pas des moyens de combattre leurs adversaires. Or, la Chine se prépare peu à peu à jouer les premiers rôles diplomatiques et militaires dans la région.

CHINA-LIAONING AIRCRAFT CARRIER-FLIGHT LANDING-J-15 (CN)Après douze années de progression rapide (+14% par an en dollar constant) de ses dépenses militaires, le budget de la Défense chinois est le second au monde et le premier en Asie. La Marine de guerre chinoise en est la première bénéficiaire lui permettant de s’équiper de porte-avions, de sous-marins nucléaires d’attaque et lanceurs d’engins etc. La Marine chinoise est destinée à sécuriser les routes maritimes dont elle est extrêmement dépendante, mais également à faire valoir les droits qu’elle estime avoir en Mer de Chine. En durcissant peu à peu sa position dans les Mers de Chine (le gouvernement a fait savoir qu’il considérait ce conflit d’égale importance à la question de Taiwan, du Tibet ou du Xinjiang), le gouvernement chinois a provoqué la méfiance de ses voisins. Du Japon (1% du PIB) à Singapour (3.6% du PIB), la course à l’armement en Asie s’accélère. L’économie française, grande exportatrice d’armement, pourrait profiter de cette course. En 2013, par exemple, l’Indonésie est arrivée au quatrième rang des pays clients de l’industrie de défense tricolore (480 millions d’euros). Si la signature du contrat concernant la livraison de 126 Rafale se confirmait, l’Inde ne serait pas en reste. Par sa position stratégique près de l’île chinoise de Hainan et des sous-marins qui y sont positionnés, le Vietnam en est même venu à accueillir des navires de guerre de la 7e flotte américaine. Le Vietnam a également fait appel à l’Inde qui devrait venir patrouiller près des eaux territoriales vietnamiennes à l’avenir. Or, à elle seule, la marine chinoise est déjà plus puissante que celles de tous ses rivaux combinés (hors USA) et les alliances entre les États-Unis et les pays d’Asie du Sud-Est pourraient ne pas y survivre.

Face à cette remise en question de la « Pax america » dans la région Asie pacifique, les États-Unis réagissent par la  politique du pivot – l’infléchissement vers l’Asie de leur politique étrangère – qui obsède les dirigeants américains. Ces derniers ont un temps cru à un monde idyllique dans lequel ils dirigeraient le monde avec leur fidèle numéro deux, la chine, les multinationales des uns produisant en Chine les produits à haute valeur ajoutée et les conglomérats des autres produisant à bas coût les marchandises que les américains ne souhaitent plus produire. Las, les chinois entendent également moderniser leur économie et en faire l’un des centres mondiaux de l’innovation, comme l’illustre leur plan de 2006 « National, Medium and Long term program for Science and technology development ». Contrairement au Japon dont l’ambition économique fut brisée nette en 1985 par les accords du Plaza avec les américains, les ambitions économiques chinoises nourrissent également des ambitions militaires (et spatiales). Les tentatives de rapprochement monétaire entre la Chine et le Japon face au dollar en 2011 achevèrent d’alerter les américains. Les Etats-Unis veulent plus que jamais régler rapidement leurs anciens conflits, notamment avec l’Iran et Cuba afin de réorganiser leur présence dans le monde. En effet, s’ils veulent conserver la première place, les États-Unis doivent renforcer leur leadership dans la région par l’augmentation de leurs forces dans la région et par la constitution du TransPacificPartnership, un traité multilatéral de libre-échange en cours de négociation, qui vise à intégrer les économies des régions Asie et Pacifique. Barack Obama l’affirmait en 2011 en Australie, « En tant que nation du Pacifique, les Etats-Unis joueront un rôle plus important dans l’avenir de cette région et la direction qu’elle prendra ».

Si aucun pays de la zone n’a intérêts à un conflit susceptible d’enrayer le basculement de l’économie mondiale vers l’Asie, l’histoire européenne nous rappelle que le « doux commerce » n’a jamais évité des guerres qui pourtant semblaient impossibles. De Sparte à la Prusse en passant par Rome, les Assyriens et le Japon, force est de constater que l’émergence de nouvelles puissances est rarement pacifique. C’est justement l’analyse de l’Histoire qui a conduit en janvier 2014, au Forum Economique de Davos, le premier ministre japonais à comparer la confrontation entre le Japon et la Chine à la situation qui prévalait au XIXe siècle entre la Prusse et le Royaume-Uni. Un conflit majeur en Asie ne semble pas actuellement à l’ordre du jour, mais l’expérience prouve que les relations entre puissances peuvent dégénérer avant même d’avoir été prévues.

Alexandre Mandil

Un commentaire

  1. Schelcher Jonathan

    Vraiment super ton article ! Ca explique bien les zones de tensions en Asie. Tu as de l’inspiration ! Continue comme ça !

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