L’élection américaine ou la reconnaissance, par la France, de sa condition de vassalité

Et tant de français attendirent toute une journée, et jusqu’au milieu de la nuit, de prendre connaissance du nom de leur nouvel empereur par-delà l’Atlantique.

Au XIXème siècle les diplomates européens attendaient déjà de connaitre le nom du Premier Ministre britannique et les diplomates du monde entier au XVIIème s’intéressaient aux intrigues qui se nouaient à Versailles. Mais désormais, amplifiés par l’« Obamania » qui bien que moins présente aux Etats-Unis d’Amérique en 2012, fait encore des émules en Europe, ce sont des peuples entiers qui attendent devant leur poste de télé ou dans des bars, réunis en comité de soutien, bannières étoilés à la main, le nom de leur futur suzerain.

Alors oui ! Oui, la mondialisation fait que nous sommes totalement concernés par la victoire du futur Président américain, et plus particulièrement par la politique qu’il mettra en place dans son pays, dont les effets, nécessairement rejailliront un jour ou l’autre sur notre propre nation.

Alors oui! Oui, observer, s’intéresser à l’actualité, nulle raison de dénigrer cet état de fait. Notons toutefois, que s’ils attendent, s’ils espèrent, ça n’est hélas trop souvent plus au regard des intérêts français qu’ils le font, mais au regard des intérêts de la nation étrangère en question, qui elle n’a eu de cesse, et avec raison, lorsque ses intérêts l’exigeaient, de nous mettre des coups dans le dos.

Jadis nous regardions l’élection du Premier Ministre britannique au XIXème, comme le chef du gouvernement d’une nation plus forte qu’il fallait contenir, dans la guerre ou la paix, et non pas comme notre suzerain. Mais l’influence culturelle américaine, ayant su conquérir les masses populaires européennes, tend à leurs faire croire que l’ensemble de nos intérêts sont communs. Alors ne nous y trompons pas,  les Etats-Unis d’Amérique sont une grande nation, une nation puissante, courageuse, dominatrice et une grande démocratie, mais leurs intérêts ne sont pas les nôtres, et il faudrait que l’Europe, enfin, sans rendent compte.

S’il fallait choisir, donner son avis, c’est au vue de nos intérêts qu’il faudrait le faire : Obama a gagné! Excellente nouvelle! Car avec Barack Hussein Obama, les choses ne devraient pas trop bouger. Mais malheureusement ce n’est pas un Général De Gaulle que nous avons au pouvoir pour en profiter…

Comme la perfide Albion recherchant l’équilibre des puissances (c’est à dire mettre des bâtons dans les roues des nations plus puissants qu’elle : Espagne, France, Empire Ottoman, Russie, Allemagne, etc.), un « homme providentiel » en aurait profité, reprenant la stratégie du Général De Gaulle, pour accentuer nos alliances économiques, scientifiques (et diplomatiques au grès de NOS intérêts) avec la Russie, l’Amérique Latine, l’Inde, la Chine, la Corée du Sud, le Japon etc., ainsi qu’avec des Etats-Unis affaiblis. Notre Défense Nationale, elle, ne nécessite pas d’alliance fixe avec quiconque. La survie de la France, s’il elle était un jour à nouveau mise en danger, peut dépendre uniquement de notre dissuasion nucléaire dite du faible au fort. « Dans dix ans, nous aurons de quoi tuer 80 millions de Russes. Eh bien je crois qu’on n’attaque pas volontiers des gens qui ont de quoi tuer 80 millions de Russes, même si on a soi-même de quoi tuer 800 millions de Français, à supposer qu’il y eût 800 millions de Français » disait Charles de Gaulle.

La question qu’il faudrait poser aux français serait : Pourquoi chercher toujours un maître? Des français trahirent la France pour l’Angleterre,  d’autres collaborèrent avec l’Allemagne et de nos jours nombres de nos compatriotes se rêvent américain. Et demain chinois ? Pour les écoles de commerce, c’est déjà parfois le cas.  Mais à l’inverse des gaulois qui se révèrent romains, notre pays existe, est uni et possède une histoire glorieuse tout en conservant d’importants atouts.

Si nous nous trouvons faible, c’est notamment parce que les Etats-Unis ont tout fait pour saborder la construction européenne. Ils ont plaidé avec ferveur en faveur des élargissements pour que le marché unique de l’Europe des six, qu’ils commençaient à craindre, ne devienne jamais une union politique. En outre, Galiléo, Gemplus, l’affaire des ravitailleurs EADS, Ariane, le Concorde à ses débuts, et les attaques contre l’euro devenant la première monnaie de réserve, sont autant d’exemples des nombreuses tentatives américaines de contenir la France et l’Europe d’après-guerre. De nous ôter toute envie d’accroître et d’assumer notre puissance. « Géant économique, mais nain diplomatique » dit-on de l’Union Européenne.

Ont-ils tords ? Est-ce mal ? Aucunement. Car eux savent depuis longtemps ce qu’est la Guerre économique. Eux sont depuis longtemps sensibilisés au patriotisme économique. Leur monnaie et l’influence culturelle sont des armes, les accords internationaux, les données informatiques et les normes, leurs outils. Eux savent que « Les Etats n’ont pas d’alliés, ils n’ont que des intérêts ». Les « futures élites françaises », voilà bien longtemps qu’ils les financent, leurs accordent des bourses, leurs offrent des voyages. Et nos dirigeants actuels ne sont pas en reste.

L’intérêt de la France n’est pas d’avoir des pays plus puissant qu’elle. Et encore moins de rester sous domination « US », d’être son vassal. Diviser pour mieux… être souverain et indépendant, pourrait-on dire.

Remarque : je constate qu’une nouvelle fois, utilisés par ceux qu’ils arrangent et dénigrés par ceux qu’ils dérangent, les sondages ne se sont pas trompés de vainqueur.

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