Le monde: « Les désaccords militaires entre la France et l’Allemagne se multiplient »

Les célébrations du cinquantième anniversaire du « traité d’amitié franco-allemand » de l’Elysée, qui a fixé les bases d’une active coopération entre la France et l’Allemagne, se dérouleront mardi 22 janvier dans un contexte de désaccord entre les deux pays au sujet de l’intervention militaire au Mali. La chancelière Angela Merkel a bien affirmé – cinq jours après le début de l’opération Serval – son soutien à l’engagement français dans le Sahel, soulignant que « l’Allemagne considère que la situation dans la région fait partie de sa propre situation sécuritaire, car bien entendu le terrorisme au Mali (…) n’est pas seulement une menace pour l’Afrique, mais aussi pour l’Europe ». Mais ce soutien se limite à un appui logistique, avec l’envoi de deux avions de transports Transall, et à une aidehumanitaire d’un million d’euros à destination des réfugiés dans les pays voisins du Mali.

« L’Allemagne nous manque », a regretté le président de l’UMP, Jean-François Copé, lundi sur RMC et BFM TV. « Où est l’Allemagne ?, s’était interrogé vendredi l’ancien secrétaire d’Etat aux affaire européennes Pierre Lellouche (UMP) sur i-Télé. Depuis un certain nombre d’années, on continue à répéter les flonflons habituels sur l’amitié franco-allemande. Mais en fait, on est en train de diverger de plus en plus. (…) Sur les grandes questions de politique étrangère, à chaque fois qu’on a besoin de l’Allemagne, on ne la trouve pas. »

Les désaccords sur ces questions se multiplient. Des positions communes sur l’Afghanistan et l’Irak aux divergences sur la Libye ou le Mali, retour sur les relations fluctuantes entre Paris et Berlin en matière de politique extérieure.

  • 2001-2003 : une même voix sur l’Afghanistan et l’Irak

Le chancelier allemand, Gerhard Schröder, et le président français, Jacques Chirac, le 2 octobre 2002 dans la cour de l'Elysée.

Au début des années 2000, Paris et Berlin affichent leur cohésion et des positions semblables sur les interventions militaires dans le monde. Après le choc des attentats du 11 septembre 2001, le chancelier social-démocrate de l’époque, Gerhard Schröder, affirme que « la solidarité ne peut pas se limiter à quelques bonnes paroles » et qu’« il nous faut maintenant exprimer d’une façon nouvelle nos responsabilités internationales » avec « la participation à des opérations militaires lorsqu’il s’agit de défendre la liberté et les droits de l’homme, ou lorsqu’il s’agit decontribuer à la stabilité et à la sécurité » du monde. Ce changement était alors marquant pour le leader du SPD, auparavant opposé à toute participation militaire allemande à une opération extérieure.

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