Le Monde: La France cherche à rattraper son retard en Inde

Contribuer à rattraper le retard dont souffre la France dans un pays aux débouchés considérables : tel est l’enjeu de la visite d’Etat qu’effectue François Hollande en Inde, jeudi 14 et vendredi 15 février. Accompagné de six ministres et d’une soixantaine de chefs d’entreprise, le président de la République a prévu depasser un peu moins de quarante-huit heures dans cet Etat six fois grand comme la France et où vit 17 % de la population mondiale.

De New Delhi, où il a été accueilli jeudi matin avec les honneurs militaires au palais présidentiel de Rashtrapati Bhavan, jusqu’à Bombay, où il achèvera son séjour vendredi après-midi par une rencontre avec des patrons indiens, M. Hollande aura pour principal objectif de « renforcer la connaissance que peut avoirl’élite indienne de la France », ainsi que le résume l’un de ses conseillers, qui pointe la « faiblesse historique des relations bilatérales ». Une faiblesse qu’illustre le petit nombre de visites présidentielles en Inde sous la Ve République : six seulement, la première sous Valéry Giscard d’Estaing en 1980, la dernière sous Nicolas Sarkozyen 2010.

Pour s’implanter davantage dans ce pays jouissant d’un taux de croissance à fairerêver les Européens (6,8 % en 2011), la diplomatie française mise sur un certain nombre d’affinités. Dans l’Airbus présidentiel en vol pour New Delhi, mercredi soir,Laurent Fabius en dressait la liste : « L’Inde est la plus grande démocratie du monde, nous sommes le pays des droits de l’homme ; elle sera bientôt la troisième puissance économique mondiale, nous sommes la cinquième ; elle souhaite un siège de membre permanent au conseil de sécurité de l’ONU, nous en avons un et l’encourageons dans sa démarche. »

« PARTENARIAT STRATÉGIQUE »

Fort de ces bonnes relations, basées sur un « partenariat stratégique » scellé entre les deux pays en 1998, et qui sera renforcé et assorti de nouveaux volets de coopération, François Hollande, dont c’est la première visite d’Etat sur le continent asiatique depuis l’élection présidentielle de mai 2012, s’est donné ce but : « Mettre notre partenariat économique à la hauteur de notre partenariat politique », selon la formule d’un de ses conseillers. Pas question, dès lors, de faire le moindre geste susceptible d’irriter ses hôtes : un temps envisagée, la présence dans la délégation de la ministre des droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, n’a pas été retenue. Au vu des affaires de viols qui ont fait le gros de l’actualité indienne récemment, sa venue aurait pu être interprétée comme stigmatisante. « La justiceindienne fait un travail remarquable. Nous n’avons aucune leçon à donner », tranche-t-on à l’Elysée.

Afin de mieux faire connaître la France dans un pays où « l’Europe est hélas essentiellement vue à travers les analyses du Financial Times « , comme le regrette un conseiller du président, les ministres ont reçu une feuille de route : « Se déployer sur le territoire plutôt que de rester derrière le président en rang d’oignons », selon un conseiller. C’est ainsi que Geneviève Fioraso, la ministre de l’enseignement supérieur, visitera des centres de recherche à Bengalore, ou que Frédéric Cuvillier, le ministre délégué aux transports, se rendra à Chennai, l’ancienne Madras, où est notamment implanté Michelin.

SEIZE ACCORDS DE PARTENARIAT ENTRE CENTRES DE RECHERCHES

L’objectif est donc bien d’augmenter la part des investissements en Inde, où se trouvent 750 entreprises françaises employant 250 000 personnes, mais aussi d’encourager le mouvement inverse. La ministre de la culture, Aurélie Filippetti, profitera de ses rendez-vous à Bollywood pour inciter les producteurs indiens, friands des montagnes européennes pour leurs décors, à tourner en France.

Si seize accords de partenariat entre centres de recherches ont été scellés, peu de gros contrats ont été signés, à part la fourniture de 50 hélicoptères par Eurocopter. Ni la vente de 126 avions de chasse de type Rafale ni la construction par Areva de deux réacteurs nucléaires EPR dans la région de Jaitapur, sur la côte ouest de l’Inde, ne seront ainsi finalisées d’ici à vendredi, mais le dossier progresse et Paris se dit de plus en plus « optimiste ».

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