Le Figaro: « Moody’s retire à son tour son triple A à la France »

Dix mois après Standard and Poor’s, c’est au tour de l’agence de notation américaine d’abaisser d’un cran la note de la France. Pour Moody’s, les mesures pour relancer la compétitivité sont insuffisantes.

Et de deux! Après Standard & Poor’s, le 13 janvier dernier, c’est au tour de Moody’s de dégrader la note financière de la France d’un cran. L’agence de notation a abaissé de Aaa (la meilleure note possible) à Aa1 la note de l’Hexagone, dans la nuit de lundi à mardi. Désormais, seule l’agence de notation Fitch accorde encore un AAA à Paris.

Sous perspective négative depuis maintenant plusieurs mois, Paris pensait pourtant avoir donné tous les gages de sa volonté de restaurer les finances publiques. Sur le papier, tout semblait permettre un retour du déficit public à 3 % du PIB l’an prochain. Mais cela n’aura pas suffi.

La nouvelle ne pouvait pas tomber plus mal pour le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Cette dégradation intervient en effet moins de quinze jours après l’annonce du pacte de compétitivité, un ensemble de mesures (dont la plus importante consiste en un allégement de charges de 20 milliards pour les entreprises d’ici trois ans), censées redonner à la France des armes pour regagner du terrain dans la compétition mondiale. Moody’s estime que la France est fragilisée par la perte de sa compétitivité – en d’autres termes, elle n’a pas été convaincue par le remède du nouvel exécutif, ou encore par les rigidités de son marché du travail ainsi que celui des biens et services. Plus inquiétant, Moody’s estime que les perspectives budgétaires de la France sont «très incertaines à cause de la détérioration des perspectives économiques». En clair, l’agence ne pense pas que la France tiendra ses objectifs de croissance et que ses déficits, par conséquent, resteront plus élevés que prévu.

Mettre en oeuvre rapidement des réformes structurelles

Le contexte européen n’est pas non plus pour rien dans cette décision. Les chiffres publiées la semaine dernière faisaient état d’une zone euro encore en récession et la situation en Grèce – qui a encore besoin de l’aide de ses partenaires – fait planer une suspicion sur la solidité de la zone euro.

Réagissant à cette annonce, la nuit dernière, le ministre de l’Économie, Pierre Moscovici, a rejeté la responsabilité de cette décision sur la droite, car elle reflète, selon lui, «l’insuffisance des gouvernements précédents à redresser les comptes publics et la compétitivité de notre économie». S’il devait encore en avoir la confirmation, le gouvernement n’a plus de doutes sur la nécessité de mettre en œuvre rapidement des réformes structurelles…

Si l’on en juge par l’expérience de la dégradation par Standard & Poor’s, cette dégradation pourrait avoir un impact limité à court terme. La France, qui a rarement emprunté si bas sur les marchés pour financer sa dette, ne devrait pas voir ses taux flamber tout d’un coup. Parce que la dette française va rester plus attractive que celle de nos voisins européens (Italie et Espagne notamment), dont l’économie est encore au plus mal. Lors de sa grande conférence de presse, la semaine dernière, François Hollande s’était même félicité que l’écart de taux avec l’Allemagne – le spread – ait encore baissé ces derniers jours.

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