Le Figaro « Les Américains paient leurs mauvais calculs au Sahel »

Washington se retrouve pris à contre-pied par l’intervention rapide de la France pour arrêter l’insurrection islamiste dans le nord du Mali.

Même si, selon les diplomates, l’heure est à la «consultation permanente» entre les deux rives de l’Atlantique sur le dossier malien, les Américains se retrouvent pris à contre-pied par l’intervention rapide et dénuée d’hésitations de la France pour arrêter l’insurrection islamiste dans le nord du Mali. «Il y a certainement à Washington un soutien et un vrai soulagement de voir les Français prendre l’initiative, vu l’urgence d’agir», note la directrice du programme Afrique au Centre pour les études stratégiques et internationales, Jennifer Cooke.

S’exprime même, notamment chez les néoconservateurs, un coup de chapeau à ces Français qui savent encore se comporter en «gendarmes de crise» et y aller (contrairement à l’Administration Obama, sous-entendent-ils). Mais l’action rapide de la France et les derniers développements sur le terrain jettent a contrario une lumière crue sur les naïvetés, les mauvais calculs et les échecs récents des Américains dans une région sahélienne où ils avaient massivement investi ces dernières années.

Depuis des mois, les États-Unis freinaient activement le déploiement des troupes de la Cédéao réclamées par le gouvernement malien, au motif que l’opération n’était pas suffisamment préparée. L’ambassadrice américaine à l’ONU, Susan Rice, avait carrément affirmé à l’automne que le plan soutenu par la France au Conseil de sécurité était «de la m…»

Aide logistique et drones

Un consensus avait finalement été trouvé à l’arraché en décembre pour voter une résolution autorisant le déploiement d’une force africaine. Mais Washington persistait à préconiser la lenteur, appelant à des élections préalables, le gouvernement malien étant issu d’un putsch… Ils s’inquiétaient d’une intervention trop ostentatoire, susceptible d’attirer vers le Mali les djihadistes du monde entier et de susciter une recrudescence d’actes terroristes en Occident. «Ces inquiétudes restent valides, mais le terrain a dicté d’agir différemment», reconnaît Jennifer Cooke, qui ne serait pas étonnée de voir les Français «forcés de jouer un rôle de premier plan plus longtemps que prévu».

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