Le Figaro: « Afghanistan, les Français ont quitté la Kapissa »

REPORTAGE – L’aventure des militaires français a pris fin mardi avec la transmission à l’armée afghane de la base de Nijrab.

Les dernières forces combattantes françaises ont quitté la base avancée de Nijrab mardi, marquant le retrait des troupes françaises de la province de Kapissa. Trois convois de cinquante-cinq véhicules ont pris la route vers Kaboul en début d’après-midi, après avoir rendu les clefs de la FOB Nijrab à la 3e brigade du 201e corps de l’armée nationale afghane.

Le retrait marque la fin d’une présence française de dix ans en Afghanistan, dont quatre pour la mission Pamir actuelle. Le dernier général à commander le contingent français se dit fier du travail accompli. Depuis sa première mission en Kapissa en 2010 en tant que colonel, il aurait observé des progrès «très concrets». «En 2010, toute la route qui traverse la Kapissa était un chemin de terre. Aujourd’hui elle est goudronnée,» explique le général Hautecloque-Raysz. «Il n’y avait pas de poteaux électriques, alors qu’aujourd’hui, une partie de la population à l’électricité et ces projets vont se poursuivre. Nous avons également un gouverneur et un sous-gouverneur qui assument pleinement leurs responsabilités,» renchérit-il. «Et la police et l’armée afghane mènent les opérations, alors que lorsque j’étais ici en 2010, c’était nous qui conduisions les opérations contre l’insurrection, avec une armée afghane qui nous accompagnait.»

Des bâtiments vides

Peu avant que le drapeau afghan ne soit hissé au-dessus de la FOB Nijrab, le général a rappelé qu’au-delà du travail collectif, la mission française avait été une série d’aventures personnelles. Pour les soldats du 13e bataillon de chasseurs alpins, qui a combattu pendant quatre mois et demi à Tagab, cet épisode est encore difficile à évoquer tout haut. La base était attaquée «tout les deux ou trois jours», selon le caporal-chef Jonathan, ainsi que presque toutes les patrouilles. Son moment le plus intense, il s’en souvient comme si c’était hier: «Le TIC (“affrontements” Troops In Contact) du 7 août. Il y a eu une grosse prise à partie dans laquelle l’adjudant-chef Franck Bouzet est décédé.» Le caporal est conscient qu’il ne revivra peut-être jamais une telle expérience dans sa vie de soldat. «C’est assez rare de vivre de moments comme ça. On a vu le meilleur, si je peux dire.»

Pour le médecin principal Stéphane, l’aventure lui a permis d’être en contact avec de nombreux locaux dans un théâtre «unique». Mis à part un soldat français blessé par de multiples éclats, depuis en convalescence à l’hôpital militaire français de Kaboul, il n’aurait traité que des pathologies mineures en Afghanistan. «Nous avons traité de nombreux civils, car ceux-ci paient malheureusement un lourd tribut», explique le médecin. Contrairement aux soldats d’infanterie ou de génie, remplacés par leurs équivalents dans les forces afghanes, le commandant est conscient de laisser derrière lui un besoin.

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