LE Fauteuil de Colbert: « La Marine nationale, première force armée garante de l’intégrité territoriale de la France »

Le premier devoir d’un Etat est la Sécurité. Il n’est certainement pas question de la « sécurité » au sens commun du terme. Mais bien entendu, il s’agit pour cette organisation politique d’être capable de sauvegarder les frontières et les territoires, dans le but de préserver la souveraineté de cette entité politique. C’est le premier devoir de l’Etat, et c’est l’un des plus essentiels, si ce n’est le devoir le plus essentiel.

Bien des auteurs évoquent « l’Etat westphalien » : l’Etat (en général) aurait le monopole légitme de la violence. Il serait le seul acteur légitime à employer la violence pour se défendre d’un acteur hostile, tant intérieur qu’extérieur et pour faire respecter son autorité. C’est un point de repère des relations internationales qui est remis en cause par bien des internationalistes face, notamment, à l’existence d’autres entités politiques que l’Etat.

Il y a l’exemple d’Etats qui sont dépassés sur tout ou partie de leur territoire par une entité politique qui leur dispute le monopole, légitime ou non, de la violence. Actuellement, les cas du Liban (Hezbollah), du Pakistan (Waziristan), du Mexique (cartels de drogue), de la Colombie (FARC) et du Mali montrent combien un Etat peut être contesté par une entité politique. Il en va du cas où cette entité politique est contenue dans un cadre territoriale plus ou moins bien défini (Pakistan, Colombie), au cas où ces entités sont beaucoup plus diffuses et saisissables (Mexique, Liban). En ce qui concerne le Mali, l’exemple est un peu particulier puisque la moitié Nord du pays a été conquis par une entité extérieure. Mais le risque que cette entité se serve de cette généreuse moitié pour absorber la seconde montre bien qu’un Etat qui ne préserve pas son territoire par tout moyens, dont la violence, est presque voué à disparaître.

L’article premier de la constitution de 1958 qui établit le régime de la Ve République de la France est assez clair à ce sujet : « La France est une République indivisible« . L’article 5 de cette même constitution, relatif au Président de la République, est tout aussi explicite : « Il [le Président] est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire et du respect des traités« . L’article 15 arrive presque bien tard pour désigner le responsable de cette tâche première de l’Etat : « Le Président de la République est le chef des armées. Il préside les conseils et les comités supérieurs de la défense nationale« . Cette suite de citations permet de bien constater que l’intégrité du territoire est l’une des plus importantes choses régit par la constitution, et même, elle est mise en avant dès son premier article. Ce devoir est si bien pris au sérieux qu’exite le très fameux article 16 (premier alinéa ici cité) : « Lorsque les institutions de la République, l’indépendance de la nation, l’intégrité de son territoire ou l’exécution de ses engagements internationaux sont menacées d’une manière grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu, le Président de la République prend les mesures exigées par ces circonstances, après consultation officielle du Premier ministre, des présidents des assemblées ainsi que du Conseil constitutionnel« . C’est très certainement un héritage direct de la bataille de France de 1940 : c’est une réponse politique et institutionnelle à cette défaite, la dissuasion nucléaire est la réponse plus matérielle.

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