Atlantico: « La sortie de la Grande-Bretagne changerait-elle l’Europe ? »

Le débat grandit outre-Manche sous la pression de UKIP (parti anti-européen au  Royaume-Uni) et de l’aile eurosceptique des conservateurs, qui n’a pas hésité à défier David Cameron récemment. Sous leur influence, le Premier ministre pourrait bien organiser un référendum sur la sortie de l’UE, dont l’issue est très incertaine.

Entre conflits et liens qui se distendent

La position de la Grande-Bretagne devient de plus en plus délicate au sein de l’Union européenne. Londres a toujours eu une attitude ambivalente à l’égard du projet européen. En effet, dans la colonne des plus se trouve la libéralisation poussée par les traités européens, conforme à la tradition économique du pays. En outre,  Londres a réussi depuis le traité de Maastricht a se construire une Europe à la carte, où elle parvient à ne pas rejoindre les politiques auxquelles elle est hostile (euro, Schenghen). Mieux, Margaret Thatcher a obtenu une ristourne à la contribution du pays.

Mais la partie positive du bilan est entachée par plusieurs points très négatifs. La Grande-Bretagne est une île, très attachée à sa souveraineté et à ses particularismes. C’est aussi un pays très attaché à la responsabilité politique de ses dirigeants et par nature plutôt hostile à la bureaucratie. Du coup, le projet européen heurte de plein fouet la sensibilité britannique, que ce soit la volonté d’harmonisation ou le fait de confier les pouvoirs à une bureaucratie peu transparente et irresponsable. La Banque Centrale britannique a une tradition de transparence à mille lieues de la BCE.

Du coup, les conflits ne cessent de s’accumuler. David Cameron a mis son véto au traité de stabilité, de coordination et de gouvernance (TSCG), la camisole budgétaire, qui n’a pas pu prendre la forme d’un traité de plein exercice comme prévu. Les négociations sur le budget sont extrêmement tendues puisque la Grande-Bretagne veut réduire l’enveloppe demandée par les instances européennes tout en conservant sa ristourne. La situation se tend de plus en plus et certains, dont The Economist, regrettent la marginalisation du pays en Europe.

Une sortie pour une nouvelle Europe ?

En fait, aujourd’hui, Londres a un pied dans l’UE et un pied dehors (notamment d’un point de vue monétaire, ce qui lui a permis de monétiser 375 milliards de livres de dettes publiques en quatre ans). La sortie du pays aurait un véritable impact sur la direction de la construction européenne puisque Londres est un aiguillon libéral dans le château de carte européen, qui plaide pour toujours plus de libéralisation dans presque tous les domaines (commerce, finance). Son départ permettrait sans doute un agenda un peu plus interventionniste, dans le cadre limité des traités.

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