La malheureuse impasse du non grec au référendum sur l’austérité !

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En demandant dimanche dernier au peuple grec par référendum de se prononcer pour ou contre le plan prônant une nouvelle cure d’austérité, le premier ministre grec, Aléxis Tsípras croyait avoir fait un choix stratégique. Il donnait ainsi une légitimité populaire à son rejet du plan européen. L’analyse de la situation une semaine après le vote révèle qu’en réalité il s’est lui-même placé dans une impasse.

1) En proposant son plan reprenant dans les grandes lignes les conditions du plan rejeté une semaine plutôt par les Grecs, Tsipras passe outre le choix direct du peuple pourtant  au sommet de la hiérarchie des normes.  Or, dans une démocratie, il ne devrait pas être possible de renier un non à un référendum. Encore moins une semaine après. Par conséquent, il ne peut y avoir de plan d’austérité n’est plus compatible. À moins d’assumer le faite que l’Europe soit une technocratie (ce qui n’est pas une aberration tant ces questions économiques sont difficilement compréhensibles par le peuple. Mais il faut alors l’assumer ouvertement).

2) Par ailleurs, si comme l’exige la démocratie, le choix du peuple est respecté, il revient à Tsipras de faire céder l’Allemagne (qui bloque tout) et même la France ! En effet, force est de constater que même le plan français prévoit des mesures d’austérité que le peuple grec refuse. Ces mesures sont pourtant nécessaires. En effet, une sortie de la zone euro serait très difficile. La Grèce se retrouverait avec une monnaie faite pour son économie, c’est-à-dire une monnaie faible et tous les inconvénients qu’elle engendre, sans pouvoir profiter sur du court et moyen terme des avantages (sauf en terme de tourisme), ne produisant rien à l’heure actuelle.

Dès lors, et c’est une question de logique, si la monnaie grecque devra s’ajuster si le pays sort de la zone euro, forcément c’est son économie tout entière qui doit s’ajuster si y elle reste. Les réformes en sont la conséquence. C’est pourquoi jamais les pays de la zone euro ne céderont totalement à la nécessité d’un plan d’austérité. Et c’est pourquoi Tsipras a choisi de trahir les électeurs du non, mais pas suffisamment pour contenter tous les pays européens au premier rang desquels se trouve l’Allemagne.

3) Demeure enfin la prise en compte de ces deux réalités: la sortie de la zone euro ! Cependant, une décision majeure (et historique) comme celle-ci ne peut difficilement être prise autrement par référendum. Et Tsipras s’y refuse. En outre, comme évoquée précédemment, à court et moyen terme la situation serait très difficile pour les Grecs. Nul doute qu’ils devraient de toute manière en passer par de douloureuses réformes. Au moins, celles-ci ne leur seraient pas imposées.

 
C’est pourquoi, pour un responsable politique démocrate ET conscient de la nécessité de réformer la Grèce, il ne peut y avoir d’autre solution que de refaire appel au vote grec sur cette question : « voulez-vous quitter la zone euro ? » 

  • En cas de réponse positive: les Grecs sont un peuple souverain et retrouveraient ainsi leur monnaie nationale. Resterait à négocier le meilleur moyen pour ses créanciers de ne pas tout perdre en échange d’une aide pour reconstruire une économie compétitive.
  • Le vote négatif serait quant à lui un moyen démocratique de revenir sur le vote d’il y a une semaine: les Grecs accepteraient finalement et indirectement les mesures d’austérité, seul moyen de faire respecter leur volonté de rester dans la zone euro. En espérant pour eux que le plan français et non allemand serait choisi.

Ne resterait plus qu’à imposer à l’Allemagne, à l’Autriche et aux Pays-Bas des transferts considérables de richesses vers les régions les plus pauvres dans lesquels seraient maintenues les dévaluations salariales internes, seule possibilité pour que la zone monétaire survive sur du long terme ?

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