La France: internationalisme dépensier et mondialisme antinational

Voila plus de trois décennies que la France subit les affres de deux mouvements politiques et idéologiques radicalement opposés en apparence, mais dont les intentions, trop souvent, se rejoignent. Allant même jusqu’à parfois s’allier. Les partisans des uns condamnent la politique des autres, et inversement, tandis que tous « déplorent les effets, dont ils chérissent les causes ».

« Je n’aime pas les communistes parce qu’ils sont communistes.

Je n’aime pas les socialistes parce qu’ils ne sont pas socialistes.

Je n’aime pas les miens parce qu’ils aiment trop l’argent ». Général de Gaulle.

Impôts, dette et gaspillages

Premier des deux mouvements politiques et idéologiques, le socialisme (comme son lâche acolyte,  j’ai nommé la droite au pouvoir pendant 10 ans, ne nous le cachons pas), est responsable sur le plan national de l’accroissement continu d’une dette monstrueuse, funeste héritage d’une folle augmentation de la dépense publique et de l’absence de reforme d’un Etat providence totalement à bout de souffle. Clientélisme et électoralisme obligent.

Parallèlement à sa tendance dépensière, le mot est faible, le socialisme (et la droite sans courage, je ne les oublierai pas) a à son actif une politique de prélèvements obligatoires devenue confiscatoire : entre 2011 et 2013, 29 milliard d’euros de prélèvement en plus imputables à N.Sarkozy, et 28 imputables à F.Hollande. Mais également une liberté d’entreprendre de plus en plus théorique, un accroissement exponentiel des normes dans tous les secteurs d’activité et de la vie des citoyens et même une corruption qui augmente, lentement mais sûrement, en raison de la décentralisation.

Reconnaissons-le, l’Europe n’y est ici pour rien, (ou si peu et je pense ici aux normes dont la directive chasse d’eau est un symbole tristement amusant), car l’influence des socialistes provient en grande partie de l’appareil d’Etat qu’ils contrôlent, et, de plus en plus, des collectivités locales. Voici le puissant Etat responsable des heures les plus glorieuses de la fière nation française devenu obèse/impotent.

Profits, individus consommateurs, libre échange et anglo-saxons

Le second mouvement idéologique sur lequel il convient de se pencher est celui des libéraux, coupables bien souvent de naïveté et d’un aveuglement idéologique les empêchant de voir la réalité des relations internationales (diplomatiques, culturelles, économiques etc.) et des rapports de forces entre Etat. L’Etat français, selon eux, doit s’abstenir d’intervenir, exception faite pour le régalien. Et tant pis si en face, les puissances (Etats-Unis, Russie, Chine, Inde, Indonésie, Brésil, Corée du Sud, Japon etc.) subventionnent, espionnent, trichent, influencent, verrouillent, achètent, et protègent, pour le compte de leurs entreprise respectives. La mondialisation sera heureuse ou ne sera pas, la réalité, elle, attendra. Maurice Allais parlait très justement à cet égard de « l’aveuglement de la logique néolibérale et de la libéralisation totale du commerce international « , et bien que seul français prix Nobel d’économie, il fut pourtant ostracisé par les médias.

En outre, ce mouvement se caractérise par une complète admiration, teintée de soumission, face aux intérêts anglo-saxons. Avec New York et Londres pour nouvelle Rome, ces apôtres des termes empruntés à la langue de Cromwell et de la Common Law face au droit romano germanique, sont férus de parlementarisme, de transparence, de régionalisme et de libre échange dans le cadre féerique d’une concurrence internationale « libre et non faussée » ainsi que d’une mondialisation dont les bienfaits (réellement existant, il ne faut pas le nier) ne souffrent, selon eux, aucun ombrage. La lecture de la critique libérale du patriotisme économique suffit, à ce titre, à comprendre la naïveté dont ils font preuve (au mieux) ou le fait qu’ils placent leur quête de profits avant la France (au pire). La promotion de l’excellence française qu’est le patriotisme économique y est taxée de repli sur soi et accusée de provoquer des distorsions de concurrence. Il est vrai qu’en face, la concurrence que nous livrent les autres puissances est pure et parfaite. Vous aurez, ici, saisi l’ironie.

Mais peu importe après tout. Peu importe si la liberté de circulation des biens entraîne des délocalisations et une désindustrialisation généralisée et si celle des capitaux conduit les plus aisés (personnes physiques et morales) à exiler leurs fonds sous les cocotiers tout en continuant à profiter d’un système financé par les classes moyennes. Peu importe si la liberté de circulation des personnes provoque une immigration massive conduisant aux pillages des cerveaux dans les pays de départ ainsi qu’à des problèmes identitaires et de délinquance dans les pays d’accueil.

L’influence constatés provient ici principalement des instances supranationales communautaires (UE) et internationales (OMC, FMI, ONU) aux mains de chantres de la citoyenneté mondiale et de l’antipatriotisme mondain. L’appareil d’Etat et les collectivités locales ne sont ici responsables « que » du fait d’avoir souverainement sacrifié moultes compétences à ces instances.

Quand l’internationalisme utopique rencontre le mondialisme prolifique.

Plus surprenant, l’analyse de la politique française depuis 30 ans révèle que ces mouvements, d’origine, en apparence, totalement contradictoires se retrouvent, et parfois même, sans vergogne, s’allient.

Notons par exemple l’incapacité ou l’absence de volonté (selon les acteurs concernés) de réguler l’immigration. Le souhait mondialiste, des uns, d’obtenir une main d’œuvre à bas coût malléable pour ce qui n’est pas délocalisable répond alors favorablement au désir internationaliste des autres de faire tomber les frontières et d’accueillir le monde pour le bien de l’humanité. Et accessoirement afin de faire fructifier leur électorat. Terra Nova dit ici tout haut ce que ces derniers font tout bas.

Observons, en outre, la volonté de transformer, jusqu’à les dénaturer, les structures traditionnelles de la société. La famille, ce socle symbole du conservatisme doit notamment être détruit. Il s’agit pour les uns de rendre égaux tous les citoyens, quand il s’agira pour les autres de libérer l’individu consommateur. « Entrez, entrez dans la marche du progès« . Le matérialisme marxiste rencontre le consumérisme atlantiste.

Penchons-nous enfin sur les conséquences de leur commune absence de vision d’indépendance, de rayonnement, de grandeur et de puissance de la France. Tandis que les socialistes diabolisent la patrie et ses symboles en criant à la bête immonde, les libéraux les ringardisent en ironisant sur la petitesse et la solitude présumée de notre nation tout en promouvant le drapeau bleu à étoiles jaune et la rose des vents. « L’armée représente la guerre, détruisons la » (sauf lorsqu’il faut se battre à des centaines de kilomètres officiellement pour les droit de l’homme), implorent les premiers. « Nos forces armées coûtent cher et deviennent inutiles dans le cadre de nos alliances, réduisons/soumettons les », invoquent les seconds.

C’est donc une responsabilité partagée entre les socialistes, les libéraux et, par immobilisme, la droite, à laquelle nous assistons depuis trois décennies. Alors qu’ils privilégient la liberté individuelle (les libéraux), l’égalitarisme (les socialistes), la lâcheté (la droite depuis 10 ans), il nous faut promouvoir la liberté collective (indépendance, souveraineté…), l’égalité entre les citoyens français (des droits et de devoirs) et la recherche de grandeur et de puissance chère aux gaullistes bonapartistes, c’est-à-dire la synthèse entre la monarchie millénaire et les idéaux de la révolution française.

« Ni bonnet rouge, ni talons rouges : je suis national ». Napoléon Bonaparte.

Nous ne voulons ni d’un Etat obèse, ni d’un Etat inexistant et impuissant, mais d’un Etat fort et stratège.

Les revenus de la France, 5ème puissance mondiale, sont important, et cependant chaque jour, nous nous endettons davantage tant nos dépenses sont mal affectées voir souvent même gaspillées. Si dans l’adversité il convient de se réinventer, alors le renouveau français doit passer par la réduction des dépenses publiques (réduction du nombre de fonctionnaires, simplification administrative et réduction du coût de fonctionnement de l’Etat), la fin du mille-feuille administratif engendré par la décentralisation, une lutte totale contres les fraudes tant fiscales que sociales et la suppression des subventions clientélistes et des gaspillages qui sévissent à tous les étages. Les économies réalisées permettront alors, d’une part, des baisses d’impôts qui soulageront notre économie, et d’autre part, une réaffectation de fonds publiques vers une politique d’accroissement de puissance, d’indépendance et de souveraineté au service de la France et des français.

« Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France. […] La France n’est réellement elle-même qu’au premier rang : seules de vastes entreprises sont susceptibles de compenser les ferments de dispersion que son peuple porte en lui-même ; […]. Bref, à mon sens, la France ne peut être la France sans grandeur. » Charles de Gaulle.

Notre devoir envers la France (le poids de l’Histoire et notre obligation vis à vis des générations futures) nous impose de sonner le glas de la naïveté concernant notre vision de l’Europe, de l’Otan, de notre alliance avec les Etats-Unis. Mais également concernant les échanges internationaux. Notamment par la mise en place d’une vraie politique de réciprocité avec les autres puissances mondiales (« patriotisme économique » pour Bernard Carayon, « protectionnisme éclairé » pour Maurice Allais) et la nécessité de profiter d’un monde multipolaire naissant afin de nous extraire de toute position de dépendance. Il nous faut, en outre, garder en vue le soucis de rayonnement culturel de notre patrie. Toujours.

Sur le plan national, la route passe par le rétablissement de l’autorité, la promotion du mérite, de l’effort, du travail et de la liberté d’entreprendre. Nous devons encourager la conquête de marchés internationaux par nos entreprises, la réindustrialisation de nos territoires, la défense et le développement de notre artisanat et de notre agriculture tout en favorisant la participation des salariés aux bénéfices des sociétés. Le chemin passe enfin par la protection de la cohésion sociale, de la famille et de la culture française, par une politique de tolérance zéro vis à vis de la délinquance, et par une reprise en main de nos frontières. Seules la puissance, l’indépendance et la prospérité de la France lui permettront d’assurer une protection de nos nationaux les plus faibles.

Alexandre Mandil

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