Challenges: Pourquoi EADS n’a pas fini d’épater la Bourse

Dopés par Airbus, Astrium et Eurocopter, le géant européen a réalisé des résultats financiers salué par les marchés. Mais Tom Enders assure qu’EADS peut encore mieux faire.

A première vue, la performance est presque parfaite. EADS a annoncé ce matin d’excellents résultats 2012, avec un chiffre d’affaires en hausse de 15% à 56,5 milliards d’euros, une marge opérationnelle en hausse de près de deux points à 5,3%, et un carnet de commandes qui atteint des sommets, à 566,5 milliards d’euros, soit dix années de chiffre d’affaires. Uneperformance saluée par la Bourse. Porté par un Airbus en pleine explosion, un Eurocopter en bonne forme et un Astrium qui défend bien sa position de leader européen du secteur spatial, EADS, dont 35% du carnet de commandes réside en Asie et 22% en Amérique du Nord, semble imperméable à la crise de la zone euro.

Parfait.. vraiment? A bien y regarder, EADS pourrait au contraire faire bien mieux. A 5,3% de marge opérationnelle – et 3,9% après provisions, le groupe européen reste encore dans le bas de la fourchette de la rentabilité des groupes comparables: BAE Systems est à 9,1%, Boeing à 7,7%, Safran à 10,8%, Thales devrait être autour de 6% et Dassault Aviation culmine à 12,7%.

« Il reste encore du chemin pour atteindre nos objectifs de rentabilité »

« La croissance du résultat demeure la priorité absolue de l’équipe dirigeante et il reste encore du chemin pour atteindre nos objectifs de rentabilité », reconnaît d’ailleurs Tom Enders, président exécutif d’EADS. Au sein du groupe, Eurocopter mène la danse, avec 6,6% de marge opérationnelle, suivi par Cassidian (5,9%), Astrium (5,4%) et Airbus (4,5%). Bien mieux qu’il y a quelques années, mais encore notoirement insuffisant pour un leader mondial comme EADS.

Comment faire mieux? En soignant sa gestion de programme, d’abord: EADS paie encore cher ses difficultés sur ses grands programmes : 820 millions d’euros de provisions en 2012, dont 251 sur les problèmes de microfissures sur les ailes de l’A380, 124 millions sur les retards de l’A350XWB (chiffre qui avait déjà été annoncé), une centaine de millions d’euros sur les difficiles renégociations de contrats entre Eurocopter et les gouvernements européens sur les hélicoptères Tigre et NH-90, et environ 200 millions sur la filiale défense Cassidian.

Le groupe a aussi dû confirmer le report de la première livraison de l’appareil de transport militaire A400M à l’armée de l’air française au second trimestre au lieu du premier, pour « confirmer des tests de fiabilité et de fonctionnalité » de l’avion.

Lire la suite de cet article ICI

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *