Challenges: « L’UE va discuter avec le Japon d’un accord de libre-échange »

Ces négociations devraient prendre plusieurs années. D’autant que le secteur automobile européen redoute les retombées d’un tel accord sur leur activité.

Les ministres européens du Commerce ont donné, jeudi 29 novembre, mandat à la Commission européenne pour ouvrir des négociations avec le Japon en vue de parvenir à un accord de libre-échange, tout en prévoyant une clause de sauvegarde pour protéger des secteurs fragiles, comme l’automobile. Il s’agit d’un « mandat clair, confirmé par tous les Etats membres » de l’UE, s’est réjoui le commissaire européen au Commerce, Karel De Gucht.

Le ministre britannique du Commerce extérieur, Stephen Green, a immédiatement salué « un premier pas vers la libéralisation du commerce entre deux des principales économies mondiales ». L’UE et le Japon représentent à eux deux plus du tiers de la production de richesse mondiale.

Karel De Gucht, tout en avertissant que les discussions pourraient durer plusieurs années, a rappelé qu’un tel accord de libre-échange pourrait faire gagner 0,8 point de pourcentage à la croissance de l’UE et permettre la création de 400.000 emplois.

Paris échaudé par l’accord avec la Corée du Sud

Mais des industriels européens, notamment dans l’automobile, craignent les retombées d’un tel accord sur leur activité.

La ministre française du Commerce, Nicole Bricq, était d’ailleurs venue à Bruxelles avec un objectif clair: obtenir une clause de sauvegarde, applicable notamment à l’automobile, qui permette de revenir sur la libéralisation des échanges dans ce secteur si un déséquilibr

La France a été échaudée par l’accord de libre-échange entre l’UE et la Corée du Sud, entré en vigueur en juillet 2011 et rendu responsable des difficultés de l’industrie automobile européenne. Paris a demandé début août la mise sous surveillance des importations en provenance de ce pays, ce qu’a refusé Bruxelles au motif que les conditions nécessaires n’étaient pas remplies.e est constaté. Elle a obtenu satisfaction, soulignant que, parmi les secteurs sensibles couverts par cette clause, « l’automobile est explicitement citée ».

L’accord avec la Corée comporte lui aussi une clause de sauvegarde concernant l’automobile, mais la France la juge inefficace et Nicole Bricq a insisté jeudi sur le fait que celle qui s’appliquerait au Japon en cas d’accord serait au contraire « opérationnelle ».

« Accord à sens unique »

D’autres pays ont défendu cette clause, parmi lesquels l’Espagne, l’Italie, la Roumanie et la Slovaquie, a indiqué Nicole Bricq, qui a souligné que l’Allemagne, moins menacée par la concurrence des constructeurs japonais en raison du positionnement haut de gamme de ses voitures, avait néanmoins donné son accord.

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