Challenges: « Compétitivité : les robots sont-ils notre seul espoir ? »

Au-delà du coût du travail, le rapport Gallois déplore le faible niveau de robotisation de l’industrie française. Syndicats et entreprises reconnaissent pourtant qu’elle est un facteur essentiel de compétitivité.

Bien sûr, le déficit de compétitivité française a quelque chose à voir avec le coût du travail. Mais peut-être pas celui que l’on croit. Plutôt que de souffrir d’une main d’œuvre trop chère, l’industrie ne pâtit-elle pas d’une main d’œuvre trop nombreuse par rapport aux processus de production modernes? Autrement dit, faut-il remplacer certains emplois humains par des emplois mécaniques, c’est-à-dire des robots? 

C’est exactement ce que recommande le rapport Gallois, rendu public en début de semaine. Au-delà de la question très médiatique des charges salariales, l’ex-patron d’EADS relève que « la productivité globale des facteurs n’a pas progressé en France au cours de la dernière décennie du fait de l’insuffisance d’investissement de productivité et d’innovation dans le processus de production ».

Positionnée sur le milieu de gamme, l’industrie française a rogné ses marges pour maintenir sa compétitivité-prix, au détriment de sa compétitivité hors-prix. Elle n’a pas investi pour se moderniser.

34.000 robots en France, 157.000 en Allemagne

Aussi la robotisation des industries françaises est-elle « clairement en retard », selon Louis Gallois: « 34.500 robots industriels, avec une moyenne d’âge élevée, sont en service en France, contre 62.000 en Italie et 150.000 en Allemagne (en fait, 157.000, ndlr). » Ce qui entraîne l’industrie dans un cercle vicieux: elle prend de plus en plus de retard sur ses concurrentes européennes en matière d’innovation (soit la compétitivité hors-prix), et est obligée de se lancer dans une course mortifère aux coûts bas, pour maintenir sa compétitivité-prix dans un milieu de gamme où elle affronte les industries d’Asie et d’Europe de l’Est.

Contre ce schéma, Louis Gallois appelle donc à la robotisation des usines françaises. Une façon de regagner en compétitivité quand les coûts salariaux sont élevés. Selon une étude de Deloitte et Nodal Consultants en 2009, une telle stratégie pourrait diminuer, dans les petites et moyennes industries, la part de la main d’oeuvre dans le prix de revient unitaire à 20%. Ses partisans considèrent qu’elle est le meilleur plan de lutte contre les délocalisations, comme le suggère une autre étude, du cabinet Metra Martech pour la Fédération internationale de robotique.

« C’est une question de bon sens », commente Vincent Schramm, directeur général du Syndicat des machines et technologies de production (Symop), qui représente une partie des entreprises robotiques. « Pour monter en gamme et être compétitif, il faut avoir le meilleur outil de production. Les robots permettent de gagner en productivité, en fiabilité et en qualité. Ils peuvent faire tout ce que l’homme fait, mais avec une meilleure répétabilité, sans fatigue, sans les trois huit, sans rebut. » Ils se retrouvent dans tous les secteurs industriels, en particulier l’automobile, l’agro-alimentaire, le pharmaceutique et assurent de multiples tâches (déplacement, soudage, peinture, découpage, ébavurage, usinage, emballage…).

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