Challenges: « Ce fleuron industriel que la France ne veut pas céder aux Chinois »

Le géant chinois Yantai Taihai veut racheter une partie des activités du français Manoir Industries pour y investir et embaucher. Le gouvernement oppose son veto.

Serait-ce le retour du patriotisme économique ? Le cas de Manoir Industries, une entreprise spécialisée dans la transformation des métaux (13 usines dans le monde, 2.700 employés) montre en tout cas que pour ne pas laisser un fleuron de l’industrie française passer dans des mains chinoises, le gouvernement peut se montrer très volontariste.

Retour sur les faits. Le 31 octobre dernier, le groupe industriel français (propriété du fond américain Sun Capital Partners), annonçait avoir décidé de céder au groupe chinois Yantai Taihai deux de ses divisions soit 8 usines – dont 5 en France – 2.700 employés et 220 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2011. Non que le groupe soit en difficulté, mais, expliquait un communiqué de l’entreprise justifiant sa décision, « la société a des moyens financiers très limités, les liquidités générées par l’activité aéronautique étant consommées par les activités Pétrochimie&Nucléaire et Spécialités » – les deux branches cédées à Yantai Taihai, leader en Chine sur le marché du nucléaire civil.

Bercy doit donner son autorisation

En contrepartie, Yantai Taihai s’engage, selon le protocole d’accord du 31 octobre, à investir 60 millions d’euros d’ici 2016 dans la rénovation et la modernisation des usines et à engager 30 à 40 salariés en France. Le but : devenir grâce à cette acquisition le leader mondial des produits de forge et de fonderie pour le nucléaire civil.

Une seule condition devait être remplie avant de finaliser la transaction: obtenir l’autorisation du Ministère de l’Economie et des Finances – obligatoire dans le cas de cession d’entreprises propriétaires de technologies importantes ou stratégiques. Yantai Taihai avait réclamé que cette autorisation soit accordée avant le jeudi 6 décembre, de façon à ce que tout soit définitivement signé au 31 décembre.

Las ! Très vite, un problème est soulevé par le gouvernement. Craignant un transfert de technologie, ce dernier refuse que les Chinois mettent la main sur l’une des usines de Manoir Industries, nommée Outreau Technologies, située dans la ville du même nom, dans le Pas-de-Calais. Ce site fabrique des « cœurs d’appareils de voie » (des pièces increvables et essentielles pour le passage des TGV, mais aussi des trains, RER, métro et trams) et emploie 210 personnes.

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