Atlantico: « Les constructeurs français, leaders de la voiture de demain ? »

Jean-Pierre et Marine Corniou estiment que sur le marché de la voiture du futur, qui intégrera toutes les nouveautés électroniques, les constructeurs français pourraient devenir les champions mondiaux. Extrait de « 1,2 milliard d’automobiles et 7 milliards de terriens, la cohabitation est-elle possible ? »

« Nous sommes dans un monde en violente transformation. La voiture de demain sera inspirée de l’air du temps. Ressources naturelles rares, espace limité, offres de mobilité multiples, la voiture devra intégrer ces dimensions nouvelles qui vont la faire sortir de sa logique unidimensionnelle. « Le monde automobile a une particularité tout à fait unique, qui est que les inventions qui apparaissent dans les autres domaines industriels finissent par se retrouver dans une voiture ; cette formidable capacité d’intégration de l’automobile est non seulement unique, mais sans limites. Les progrès techniques dont est susceptible de bénéficier une automobile sont à proprement parler infinis, et ce processus ne s’arrêtera jamais ». Louis Schweitzer, dans son livre témoignage Mes années Renault décrit ce que l’automobile va vivre plus intensément que jamais dans les prochaines décennies.

Or ce qui va évoluer le plus rapidement est le monde de l’électronique et des technologies de l’information, tant dans l’usage des outils que dans la gestion des systèmes complexes. Le monde de l’internet des objets va profondément pénétrer l’automobile.Progrès de l’automobile et des technologies de l’information sont intimement liés.

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Dans ce contexte nouveau où l’automobile sera un secteur hyper concurrentiel, les constructeurs français peuvent trouver une place nouvelle. Leur expertise historique leur permettrait de devenir les champions mondiaux de la petite voiture innovante du XXIesiècle : voitures légères, nouveaux matériaux, consommation inférieure à 3 l/100, habitabilité et confort, mais compacité et usage massif de l’électronique de sécurité, de conduite et de confort. Qu’elles soient électriques, hybrides ou dotées de moteurs de moins d’un litre, et demain à l’hydrogène, ces voitures modernes et attrayantes doivent constituer le cœur de cible des marchés mondiaux des pays matures comme des marchés émergents. Améliorer le service rendu avec un rapport coût/valeur perçu positivement par les consommateurs et réduire drastiquement les émissions de polluants, particules et CO2 sont les voies à privilégier.

La France sait imaginer et construire ces voitures innovantes. Si l’État veut aider l’industrie, la voie la plus efficace serait de disséquer et repenser, dans un plan pluriannuel, avec tous les acteurs de la filière, l’ensemble des éléments de la chaîne de valeur pour que ces véhicules puissent être conçus en France et, en partie, y être construits de façon rentable.

Ceci ne compensera pas toutefois les dizaines de milliers d’emploi qui ont disparu de la filière et qui vont continuer à baisser, avec notamment la rationalisation de l’appareil de production de PSA qui entrainera une réduction de 8000 emplois,

Renault devant également ajuster ses effectifs à sa production en France. Nous ne retrouverons jamais les volumes ni les effectifs de l’année record 1972 : trois millions de voitures produites en France Si cette page- là est définitivement tournée, nos constructeurs ne pourront toutefois rester une référence mondiale que s’ils innovent radicalement. Ils en ont la capacité.

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