Atlantico: « Halloween : histoire d’une résistance française »

Colonisation culturelle américaine, phénomène commercial, objet de cauchemars et de fantasmes, la fête d’Halloween a été successivement adulée et conspuée. Après quelques années de succès, elle est de moins en moins célébrée. Explications d’une résistance culturelle française.

Il y a quinze ans, pour combler un « vide » entre les grandes vacances et Noël, les marchands de festivités ont pensé qu’il fallait  « importer » Halloween en Europe. La raison ? Créer un nouveau business et vendre toujours plus de produits de farces et attrapes. Le goût des européens pour les modes américaines est évident. L’envie de faire la fête – y compris pour elle-même, sans contenu – s’est développée. Le désir de se « changer les idées », parfois à tout prix, ne cesse d’augmenter. Et donc, à partir de 1997, une bouture festivo-commerciale fut tentée en France. Bouture aidée par les écoles (sur le mode de la « culture américaine ») et aidée même par un timbre des postes françaises.

A partir de 2002, pour l’écriture de mon livre La face cachée d’Halloween, j’ai été amené à regarder ce phénomène, à l’analyser, à en percevoir les causes et conséquences, pour mieux constater, depuis 2007/2008 une désaffection croissante. Une question dés lors se pose : pourquoi, en France, Halloween fut-il rejeté – à l’image d’un rejet d’une greffe ?

D’abord, il faut distinguer le Halloween « made in USA » de celui qui nous fut proposé. Aux Etats-Unis, cette fête est avant tout une fête de famille, de quartier, avec la collecte de bonbons et le déguisement « bon enfant » adopté pas tous. C’est une occasion de se retrouver pour mieux célébrer ce petit pouvoir des enfants qui « exigent » des friandises sous peine d’un « mauvais sort ». En France, comme dans d’autres pays européens (la Pologne par exemple), les marchands, pour mieux vendre leurs masques et autres produits estampillés, ont insisté sur le coté « gore », sanguinolent , toile d’araignée et mondes effrayants. Les enfants devenaient des vampires, les adultes des sorciers. Il ne fallait plus s’amuser mais s’effrayer.

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