Atlantico: « Et si les dernières innovations technologiques permettaient de ramener en Europe et aux Etats-Unis les emplois partis en Chine ? »

Si le besoin de réduire les coûts a attiré la production hors des pays occidentaux vers les pays du Sud, la possibilité de gagner du temps pourrait la ramener en Occident.

La question a émergé vers la fin du second débat de la campagne présidentielle américaine, il y a quelques semaines : la journaliste de CNN Candy Crowley a interrogé les deux candidats, Mitt Romney et Barack Obama : « Qu’est-ce qui pourrait convaincre une grande entreprise de technologie (comme Apple, ndlr), de rapatrier sa production aux Etats-Unis ? ».

Une interrogation d’actualité, alors que l’usine Foxconn qui fabrique entre autres les iPhone envisage d’ouvrir des usines aux Etats-Unis, pour y fabriquer, non pas des iPhone, au coût du travail trop élevé, mais des écrans télé LCD. Et si la technologie offrait une opportunité de réindustrialisation aux pays occidentaux ?

Le correspondant de The Atlantic James Fallows a décidé de prendre le problème à bras le corps, lui qui arpente la Chine et ses usines depuis longtemps. Le journaliste a constaté un phénomène surprenant, un retournement de la situation industrielle. « Pour la première fois, j’ai entendu des « producteurs » optimistes au sujet de projets de hardware qu’ils souhaitent lancer et d’usines qu’ils souhaitent construire, non seulement en Asie mais aussi aux Etats-Unis. »

Pourquoi ? Il explique que : si « c’est le besoin de réduire les coûts qui a fait sortir la production des Etats-Unis, la possibilité de gagner du temps pourrait la ramener aux Etats-Unis. » La technologie de l’impression en 3D est en train de révolutionner le processus de décision pour choisir quoi construire et où le construire. L’ingénieur Adam Mack explique qu’à A Time Lab, petite firme de design industriel de San Francisco, la technologie de l’impression en 3-D est en train de révolutionner le processus de décision pour choisir quoi construire et où le construire.

Grâce à l’impression 3D et à la modélisation informatique, des objets tangibles peuvent être produits en quelques minutes ou heures, sur la base de designs créés sur un écran. Le processus de développement d’un prototype et d’opérer de légers ajustements par petites touches est incroyablement réduit. Plus besoin de s’assoir à une table pendant des jours et de discuter de la chose que l’on voudrait créer, en tentant avec peine de la visualiser. L’impression 3D ne cesse d’émerveiller : elle est maintenant capable d’imprimer de l’électronique véritable, et des chercheurs sont parvenus à imprimer rien ne moins… qu’une manette de jeux vidéos prête à l’emploi. La production devient plus attractive et faisable, les nouveaux outils vont créer plus d’emplois aux Etats-Unis que l’on s’y attendait il y a encore quelques années.

Une révolution est en marche. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le processus de mondialisation n’avait cessé de faire reculer la production aux Etats-Unis et en Europe : il est devenu de plus en plus difficile de garder en Occident les emplois manufacturiers. Mais le vent tourne : la dernière vague d’innovation technologique, les nouveaux systèmes de communication, et les outils de production innovants rendent la production manufacturière plus facile dans les pays les plus développés. En particulier, pour lancer sur le marché de nouveaux produits plus rapidement que la concurrence en les designant et en les construisant direction sur place, aux Etats-Unis ou en Europe.

Au même moment, la production en Chine de son côté se trouve dans une mauvaise passe : les changements sociaux et économiques rendent l’externalisation ne plus en plus couteux pour les firmes les plus expérimentées.

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