Atlantico: « 2012, année de la révolution silencieuse des politiques monétaires… Enfin, partout, sauf en Europe »

En adoptant la « règles Evans », les Etats-Unis pourraient révolutionner leur politique monétaire, alors que les Britanniques s’apprêtent à changer les objectifs de leur banque centrale.

Atlantico : La Fed, la banque centrale américaine, a annoncé l’adoption de l' »Evans Rule » (la « Règle d’Evans »), du nom de Charles Evans, le président de la Réserve fédérale de Chicago. Cette mesure consiste à lier la politique monétaire de l’institution à des objectifs économiques concrets : les taux d’intérêts resteront à des niveaux extrêmement faibles – proche de zéro – tant que le taux de chômage ne baissera pas à 6,5% et que l’inflation repasse la barre des 2%. Pouvons-nous parler d’une révolution monétaire ?

Mathieu Mucherie : Il ne s’agit pas d’une révolution mais d’un prolongement de son effort de communication, un effort indispensable lorsque l’on est en situation de taux à 0%, de ZIRP (« zero interest-rate policy », politique de taux d’intérêt zéro) menée depuis maintenant quatre ans. Elle va dans le sens de tous les travaux théoriques et empiriques menés sur l’importance de la communication dans ces situations afin de prévenir très en amont les marchés de l’orientation future des taux directeurs pour que ces derniers n’anticipent pas des hausses massives des taux longs.

Il s’agit d’une nouvelle façon de faire du gradualisme monétaire, ce qui est exactement l’inverse de ce que nous faisons en zone euro. Les Américains ont parfaitement compris que la politique monétaire était beaucoup plus importante que toutes les simagrées fiscales, budgétaires et réglementaires. La règle d’Evans n’est qu’une modalité, dans une situation de taux zéro, pour annoncer aux marchés que les taux ne devraient augmenter que faiblement et pas dans l’immédiat. Les Etats-Unis prennent en compte les travaux de recherche théorique et empirique pour les mettre en place au niveau de la banque centrale alors qu’ailleurs, et plus particulièrement en Europe, il n’y a aucun lien entre le monde académique et les banquiers centraux. Le bureau de la BCE est composé de bureaucrates. Résultat, elle a augmenté à deux reprises ses taux directeurs de façon intempestive en 2008 et 2011 sans avoir prévenu convenablement les marchés et créée ainsi des effets catastrophiques.

Lire la suite de cet article ICI

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *