Alliance Géostratégique: « La langue et le rayonnement culturel, instruments de pouvoir »

Faciliter les conditions de vie et celle des affaires dans l’environnement où l’autorité porte est une chose entendue pour certains États.

Dans la culture anglo-saxonne, force est de rendre hommage aux britanniques quant à leur Commonwealth, lequel a conformé dès sa fondation en 1931 un “marché commun” avant l’heure et de dimension mondiale, en particulier grâce aux accords d’Ottawa (1932, réduction des droits de douane). A partir de 1948, et dans ses évolutions successives, le British Nationality Act a étendu et organisé la communauté avec une définition variable de la nationalité et de la citoyenneté britannique.

Dans un tout autre genre, forts d’intérêts propres interactifs et outre d’une histoire commune, cinq pays anglophones (USA, Royaume-Uni, Canada, Australie et Nouvelle Zélande) s’engageaient en 1943 sur un traité tellement secret que même le premier ministre australien n’eut droit à en connaitre qu’à partir de 1973. Ayant pour finalité le partage d’information pour le renseignement d’État, l’accord initial UKUSA fondera l’alliance AusCanNZUKUS et en 1960 une branche spécifique dédié à la capture de signaux électroniques, le réseau Echelon [1] qui dès lors n’aura de cesse de se moderniser.

Poursuivons factuellement sur l’histoire, sans révisionnisme ni arrangement. LeBritish Council organise en 1961 à Cambridge une conférence anglo-américaine sur l’enseignement de l’anglais à l’étranger. Dans le cadre de cette conférence, ses représentants notent dans un rapport interne destiné au développement de l’organisation : “L’anglais doit devenir la langue dominante remplaçant les autres langues et leurs visions du monde : chronologiquement, la langue maternelle sera étudiée la première, mais l’anglais est la langue qui par la vertu de son emploi et de ses fonctions deviendra la langue fondamentale.”[2]. Dont acte.

Prolongeant dans son rapport annuel 1960-1961, le British Council explique : «Enseigner l’anglais au monde peut être presque considéré comme une extension de la tâche qui s’imposait à l’Amérique lorsqu’il s’agissait d’imposer l’anglais comme langue nationale commune à sa propre population d’immigrants. »

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[1] “GCHQ: The Uncensored Story of Britain’s Most Secret Intelligence Agency”, Richard Aldrich, Ed. Harper Collins 2010, ISBN13 : 978-0007278473

[2] “Linguistic imperialism continued”, Robert Philipson, Ed. Routledge 2010, ISBN-13: 978-0415872010

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