« Avec un allié économique comme l’Allemagne, nous n’avons plus besoin d’ennemi »

Dans un entretien publié, hier, par l’hebdomadaire Marianne, le politologue et démographe Emmanuel Todd décrit avec sa virulence habituelle les enjeux de la crise européenne actuelle. Sans dénoncer Hollande, après 6 mois d’exercice du pouvoir, il affirme : « La France est au bord du gouffre. La vérité d’Hollande, c’est que dans cinq ans il sera soit un géant, soit un nain. L’un ou l’autre, pas de destin moyen possible. » Dans ce long entretien, Todd aborde plusieurs sujets et abat les lieux communs de la pensée économique dominante, suivons-le dans ce réquisitoire éclaircissant.

L’échec des politiques de relance, pratiquées aux Etats-Unis et dans quelques pays d’Europe, notamment la France, après 2008. Ces politiques de quantitive easing ou de relance ne peuvent pas fonctionner en économie ouverte, elles n’ont fait qu’augmenter le déficit et la dette des Etats sans relancer la demande interne. Les banques et les prêteurs se sont engraissés. Et seuls la Chine, l’Allemagne et d’autres pays exportateurs qui ont comprimé leur demande nationale, ont bénéficié de cette relance absurde. Stiglitz et Krugman les principaux défenseurs de cette relance sont étrillés par Todd, selon lui, les deux économistes officiels de la gauche libérale décrivent l’insuffisance tendancielle de la demande mondiale mais oublient la conversion de Keynes au protectionnisme. Ainsi ceux qui réclament la relance pour la relance ne sont pas plus crédibles que les partisans de l’austérité aveugle.

L’échec de l’Euro. En accord avec les économistes anglo-saxons, Todd ne croit pas en l’avenir de l’Euro, porteur de dysfonctions et d’aberrations : les taux d’intérêt montent dans les pays faibles alors qu’il y a une surabondance d’épargne. « La déroute de l’industrie française, notre entrée en déficit commercial massif sont le produit de l’Euro, comment penser une politique industrielle si l’activité principale des gouvernements européens est de sauver une monnaie qui ne marche pas. L’euro ne marchera jamais, il faut être lâche, corrompu ou schizophrène pour ne pas l’admettre, la priorité c’est la fin de l’euro. Il y a deux conditions pour que la présidence socialiste ne soit pas un désastre : sortir de l’Euro et déclarer que des secteurs d’avenir technologiques, comme les énergies renouvelables, doivent être protégés comme des biens culturels. »

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