20 minutes: Ces entreprises qui relocalisent leurs activités en France

Les relocalisations restent rares: depuis 2009, 44 entreprises ont rapatrié une partie de leur production en France, tandis que 267 délocalisaient…

Dans une vaste usine de 25.000 mètres carrés où étaient autrefois montées des automobiles Simca, près de La Rochelle, trois employés assemblent un vélo électrique haut de gamme. Sur environ 3 millions de vélos vendus en France chaque année, seuls 800.000 y sont assemblés. Une fierté pour la PME Veloscoot qui, d’un importateur de vélos chinois, est en passe de devenir l’un des rares fabricants de cycles Made in France.

En avril 2012, son président Sébastien Beugin, 27 ans, a fait le pari de relocaliser l’assemblage de ses vélos, et de privilégier des fournisseurs européens. Le gouvernement français veut encourager ce type de démarche pour enrayer le déclin de la base industrielle française et la hausse continue du chômage, qui a atteint 10,2% fin 2012. Mais ces cas d’école restent marginaux, et le plus souvent liés à un échec de délocalisation, soulignent les économistes.

«C’est un épiphénomène pour l’instant, et très peu de projets de relocalisation sont des réussites», dit Gwenaël Guillemot, responsable du département industrie au sein d’une école d’ingénieurs à Nanterre. Les success stories comme le fabricant de skis Rossignol, qui poursuit cette année sa stratégie de relocalisation de Taïwan vers la France, ou le lunetier Atol, qui a rapatrié en 2005 sa production de Chine vers le Jura, son rares.

Depuis 2009, 44 entreprises ont relocalisé une partie de leur production en France, tandis que 267 délocalisaient, selon l’Observatoire de l’investissement. Un peu plus de 1.000 emplois étaient dans le même temps créés, contre 25.600 supprimés. Il y a en France une relocalisation pour 20 délocalisations, estime Elias Mouhoub Mouhoud, professeur d’économie à Paris-Dauphine, qui étudie ce phénomène pour le gouvernement.

Les Etats-Unis ont relocalisé 50.000 emplois en un an

Les cas de relocalisations se sont multipliés ces dernières années, mais cette augmentation n’est en fait que le reflet d’une hausse des délocalisations, souligne-t-il. Fin janvier, Arnaud Montebourg a exprimé l’espoir que la relocalisation d’entreprises s’amplifie en 2013 en France, estimant que les mesures prises par le gouvernement pour doper la compétitivité de l’économie étaient de nature à la favoriser.

Prenant exemple sur les Etats-Unis, qui ont mis au point un système similaire et ont relocalisé 50.000 emplois en un an, le ministre du Redressement productif a annoncé le lancement d’un programme permettant aux entreprises de recalculer leurs prix de production en France, pour les amener à reconsidérer leurs décisions de localisations.

Le coût des transports et la volonté de mieux maîtriser sa ligne d’assemblage a par exemple motivé le rapatriement de l’activité de Veloscoot. «Quand vous achetez des jantes, vous transportez beaucoup d’air, donc ça coûte cher», l’économie en transports compensant alors le prix des pièces européennes, indique Sébastien Beugin. Quant à l’assemblage, «en Chine, il y a des gens qui rayonnent à la main, c’est beaucoup moins précis», dit-il.

Surtout, la détection d’éventuels problèmes à l’assemblage est immédiat, note Paulo Reisinho, 43 ans, adjoint au responsable d’atelier. Quand l’assemblage est fait en Chine, «vous vous rendez compte des problèmes dans le carton», dit-il. Maîtriser la conception de ses produits, en assurer la qualité, ou encore protéger ses innovations: autant de raisons invoquées par les entreprises qui ont choisi de relocaliser.

Mais le retour sur investissement est loin d’être immédiat, soulignent-elles. Quand Veloscoot sortait 200 vélos par jour en Chine, Planet Fun, sous-traitant de plusieurs marques parmi lesquelles Veloscoot, n’en assemble que 21 quotidiennement. D’où la nécessité d’une montée en gamme pour rentabiliser le retour en France.

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